lundi 20 mars 2017

4èmes de couverture

 Publié sur le site MilEtUne d'après l'illustration




la dictature diététique



Le bien manger pour les Nuls: une chronique qui ne manque pas de sel quand on connait les positions du professeur Collet-Stérol auteur de nombreux livres pour ne pas dire demi-livres.

Témoignages de quelques belles plantes et autant de courgettes.

A dévorer avec ou sans lentilles...




les félines



Alerte à la bombe! Tout près du pôle financier du tribunal de Paris, on aurait aperçu une cougar, ombre uniforme couleur café crème, feulement sauvage, profilée façon lévrier et aussi rapide à la course qu'une Jaguar...

La commissaire divisionnaire Sylvia, panthère aux yeux dorés et tachetée de taches de rousseur mène l'enquête tambour battant.

Ces deux-là se connaissent si bien qu'il faudrait être fou pour s'immiscer dans leur duel... pourtant Savannah, jeune stagiaire écervelée va tout compliquer





la dernière vague



Pauline – fille du Sud – est semblable à la plage au ressac incessant dont les succions répétées la laissent pantelante au petit matin.

Face aux assauts répétés d'une houle cambrée, brutale et chaque fois plus décevante elle espère cette vague qu'on dit “scélérate” et qui l'anéantira.

Natacha, chimère aux cheveux d'écume serait-elle... cette dernière vague ?



Mémoires d'un faussaire



Depuis qu'il signa seul son carnet de correspondance l'année de ses six ans, Gonzague sentit que sa vie ne serait plus jamais la même.

Ses professeurs lui promettaient un avenir sombre, par bravade il ne songeait qu'à briller.

Muni d'un CAP Arts de la dentelle Option Aiguilles il n'aura de cesse d'imiter billets de Monopoly, tickets de cinéma et bulletins blancs de scrutin présidentiel...

Sa dernière forfaiture – imiter des tickets horodateurs des parkings souterrains de l'Elysée – sera t-elle la goutte qui fait déborder l'encrier ?








Belle à croquer

Publié aux Impromptus Littéraires sur le thème: Chère madeleine



Ma chère Madeleine êtes belle à croquer
sous vos airs de ne pas y toucher, démoniaque
moulée comme il se doit en coquille saint Jacques
quel grand maître étoilé vous conçut, quel toqué

Qui vous a accoutrée de ce sachet fraicheur?
si vous n'étiez pas de si près attifée
je vous conduirais bien à la pause café
vos éclats de noisettes sont si accrocheurs

On vous fit veloutée, pulpeuse à Commercy
au point qu'un écrivain du côté de chez Swann
fondit en un instant et créa son Oriane

Rattrapons vous et moi enfin le temps perdu
plongez sans hésiter au nectar défendu
ne me condamnez pas aux bouts de pain rassis

samedi 18 mars 2017

Le Monbazillac pour les Nuls

Publié aux Défis Du Samedi



Le Monbazillac est ce qu'on appelle un vin français écoeurant – certains disent liquoreux pour faire moins écoeurant – produit au sud de chez Cyrano de Bergerac à qui Rostand a tiré le nez, sur des coteaux à dahut dans les environs du village de Monbazillac.
A quelques kilomètres près, le village se serait appelé Rouffignac-de-Sigoulès et le cru aurait porté le nom de Rouffignac-de-Sigoulès au risque de déborder de l'étiquette à moins que l'étiquette ne fasse le tour de la bouteille: le vin aurait alors porté le joli nom de Rouffignac-de-SigoulèsRouffignac-de-SigoulèsRouffignac-de-Sigoulès, jusqu'à en avoir le tournis.

Le village de Monbazillac possède un château qui s'appelle le château de Monbazillac; il aurait pu s'appeler le château de Rouffignac-de-Sigoulès mais ça n'est pas le sujet.
Il est construit sur un site classé appelé site web où l'on accède à l'aide d'une hache-tétépé-chateau-monbazillac-point-com... enfin, c'est vous qui voyez.
Si l'appellation se situe à cheval sur plusieurs communes on n'est pas obligés de savoir monter pour la parcourir.
En tout cas le vignoble repose sur des terrains rudimentaires – certains disent sédimentaires pour faire croire qu'ils en savent plus que moi – datés de la fin du rockenscène et du début du larcène.
Les cépages sont le muscadoux ou muscat fou et le sauvageon ou sauvageon.
Le muscadoux peut s'appeler aussi marmouset, hi-han, bouillant, mouflette, chaud-devant ou raisinette; c'est pourquoi on l'appelle muscat fou pour faire simple.

On plante ces cépages à raison (ou à tort) de 4000 pieds par hectare pour pouvoir marcher entre les pieds, sauf si on possède moins d'un hectare ou que l'on chausse petit. L'hectare fait à peu près dix mille mètres carrés et le mètre carré est un carré à quatre côtés d'à peu près un mètre chacun.
L'à peu près s'appelle la triche et est puni d'à peu près pas grand chose.
La taille se fait en gobelets puisqu'il est question de produire du vin à boire alors que s'il était question de produire du raisin de table on pratiquerait la taille en sandwich.
Quand le vignoble est pourri on le récolte car il le vaut bien.
La vendange commence à la mi-octobre contrairement à celle des chats qui commence à la mi-aout.
La vendange des pieds se fait à la main, elle a donné son nom à l'expression “faire des pieds et des mains” c'est pourquoi on dit que les monbazillacois et les monbazillacoises sont tétus... surtout les monbazillacoises.
On ne récolte que les grains les plus pourris – ceux atteints de pourriture noble – et on laisse le reste pourrir encore un peu – ceux atteints de pourriture vilaine – on dit aussi botrytisé pour faire moins pourri.
Le raisin est pressé afin de ne pas perdre de temps, en Dordogne on est si pressé qu'il arrive par précipitation qu'on récolte la vendange de l'année suivante.
L'élevage qui dure de dix à vingt quatre mois – et même jusqu'à deux ans – se fait en barriques de chêne français d'où s'échappe par l'opération du saint-esprit ce qu'on appelle “la part des anges”.
Le reste appelé “la part des démons” est mis en bouteille; une fois passé l'embouteillage le Monbazillac recommence à circuler et peut tenir ainsi vingt, trente ans et plus avant d'être débouchonné.
Pour la mise en bouteille on procède à la tirade du vin appelée tirade de Cyrano et dont le verre le plus célèbre est : “Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap!”
Le meilleur millésime de Monbazillac est le 2005, année mémorable où les français ont dit NON à la constitution européenne et où Armstrong a volé son septième et dernier tour de France.
Terminons par un dicton célèbre: “Avec un Monbazillac, plus de crises cardiaques ni d'hypocondriaques, que de l'aphrodisiaque”




lundi 13 mars 2017

La poisse

Publié aux Impromptus Littéraires sur le thème des objets mal lunés




Tableau mal accroché. Stop.
Clou mal planté. Stop.
Marteau mal emmanché. Stop.
Crâne mal protégé. Stop.
Sang mal coagulé. Stop.
Serpillière mal essorée. Stop.
Chaussure mal lacée. Stop.
Pharmacie mal indiquée. Stop.
Commissariat mal embouché. Stop.
Cellule mal chauffée. Stop.
Avocat mal luné. Stop.
Verdict mal notifié. Stop.
Telex mal branché. Stop.
Disjoncteur mal accroché. Stop.
Clou mal planté. Stop.
Marteau mal emmanch... STOP !!

dimanche 12 mars 2017

Brèves du 12-03-2017



Et toujours mes 3 brèves du matin consultables sur le site WeLoveWords 


Plus longues, c'est chiant...










Arkansas : 8 prisonniers seront exécutés en 10 jours, rythme justifié par la proche date de péremption d'une substance mortelle.

On sait que les médocs périmés... c'est dangereux



Il y a 50.000 ans, l'homme de Néandertal se soignait au principe actif de l'"aspirine" contenu dans les feuilles de peuplier
Ca explique pourquoi il était un peu plié dans sa démarche


 

L'Iran teste un missile en mer d'Oman 
 En français on dit Em mer dement

samedi 11 mars 2017

La Lambada, c'est chaud

Publié aux Défis Du Samedi sur le thème Lambada





“Je pleurais quand un jour m'a seulement encore fait pleurer”
“Je pleurais quand un jour m'a seulement encore fait pleurer”

“Euh... tu l'as déjà dit”
“Oui mais les paroles sont écrites comme ça, c'est pour le rythme, tu comprends?”
“Moi je lis : Chorando se foi quem um dia so me fez chorar”
“Oui mais je préfère chanter en français pour qu'on comprenne mieux”
“Parce que tu comprends c'que tu dis quand tu chantes Je pleurais quand un jour m'a seulement encore fait pleurer ?”
“Attends, on comprend mieux avec la suite”
“O.K. Continue”

“Pleurer était un rappel d'un amour... qu'un jour j'ai su soigner”
“On imagine pas les danseurs tortiller du cul sur des paroles aussi tristes”
“Tu peux pas comprendre si t'es pas investi de l'esprit Brésilien... Ecoute un peu ça : Le souvenir va rester avec lui où qu'il soit”
“J'ai déjà lu ça... gravé quelque part... dans un cimetière!”
“J'te jure que la suite est plus légère... ça fait: La Lambada sera un rappel de cet amour Qui pour un jour, un instant a été roi”
“J'me demande comment on peut faire un tube avec un tel charabia; heureusement que dans l'clip ça frétille du croupion”
“Obsédé! La Lambada c'est universellement connu, sais-tu que Lambada ça se dit Lambada en anglais, en italien, en espagnol, en polonais et même en allemand?”
“Ouais, sauf qu'en japonais ça se dit Lama”
“J'peux pas croire que Serge Lama l'a chanté en japonais!”
“Il a pu l'chanter à sa manière, imagine: Viens, laisse un peu tomber tes poupées
Laisse tes livres et tes cahiers et viens danser la Lambada! C'est génial, non? en tout cas tu m'feras pas chanter ça, ça m'fout l'bourdon”
“C'est pas donné à tout le monde tu sais, c'est pas sans risques”
“Parce qu'en plus c'est risqué?”
“Tu sais pas que le mois dernier l'interprète brésilienne a été retrouvée carbonisée dans sa voiture?”
“Ca c'que j'disais... les paroles originales c'est vachement plus chaud !”

mardi 7 mars 2017

Le ver dans le fruit

Publié aux Impromptus Littéraires sur le thème: Comme une poussière dans l'oeil




De son lit Monsieur Bourgeois observait le plafond et vit que c'était là puis il regarda le mur d'en face et vit que c'était encore là alors il regarda du côté où dort madame Bourgeois mais c'était toujours là contrairement à madame qui n'y était pas; c'était comme un papillon facétieux ou plutôt comme une poussière dans son oeil gauche.
“Pourquoi mon oeil gauche ?” s'offusqua t-il. Ici rien n'avait jamais été de gauche dans leur cossu appartement de l'avenue Montaigne, le dernier endroit où il pouvait y avoir une once de poussière puisque de son plumeau Fanny la traquait de mâtines jusqu'à vêpres et parce que le prix outrancier des loyers s'était depuis longtemps chargé de chasser la dernière escarbille.
Chez les Bourgeois ça sentait le propre, le respectable même s'il fallait qu'une soubrette s'affaire dans la maisonnée, question de standing.
Alors Monsieur Bourgeois sortit du lit sans l'aide de madame qui avait visiblement déserté; il frotta son oeil en pensant bêtement que l'infâme poussière disparaîtrait ... mais non elle s'accrochait, insolente comme un camouflet.
Il se retint d'appeler Fanny pour qu'elle y jette un coup oeil; à cette heure elle devait ramper à quatre pattes comme chaque matin, à la recherche d'un improbable mouton sous le lit de la chambre d'amis.

A la salle de bains, point de madame Bourgeois pourtant principale occupante des lieux; Monsieur Bourgeois s'empêtra dans un déshabillé abandonné sur le carrelage puis à l'aveuglette il s'empara du miroir grossissant pour y scruter son visage, cherchant le fâcheux... et il le vit!
Débusquée, la chose s'était mise à bouger au point qu'il aurait pu en compter les pattes s'il n'avait été pris d'un terrible tremblement.
L'occupant marchait sur lui, violait son intimité, le piétinait impunément sans qu'il puisse rien faire. Le ver se tortillait comme s'il cherchait à se cacher et Monsieur Bourgeois en perdit le miroir qui se brisa sur le sol.

Alertée par le bruit Fanny était accourue, échevelée et armée de son fidèle plumeau mais la triste nudité de Monsieur la stoppa dans son élan; elle détourna le regard avec un petit cri faussement effarouché.
“Ne restez pas plantée là” tonna Monsieur Bourgeois “dites-moi plutôt ce que vous voyez!”
Les yeux ronds et la bouche pincée, Fanny se rapprocha: “Qu'y aurait-il à voir, Monsieur?”
“Une poussière dans mon oeil gauche, évidemment” aboya t-il en écartant fébrilement les paupières avec ses doigts.
Nez contre nez, Fanny hésita à lui offrir ses lèvres; il était d'usage qu'une soubrette offre ses lèvres au maître de céans, question de standing.
C'est ainsi que les découvrit madame Bourgeois, toute aussi échevelée et sortie d'on ne sait où.
“Je cherchais une poussière” expliqua Fanny en rosissant, le rouge étant réservé à des situations plus scabreuses.
“Avec ton plumeau ?” rugit madame, courroucée après quoi haussant les épaules elle partit ruminer sa rancoeur en cuisine.

Le primo-diagnostic du professeur britannique Chitharamdam contacté au téléphone tomba: à vue d'oeil – c'est à dire compte-tenu de la qualité de la communication – il s'agissait d'une larve de Fannia canicularis, une larve de mouche exotique pondue céans.
Selon l'éminent ophtalmologiste, le danger était que le ver ne pénètre plus avant, probablement jusqu'au cerveau et que madame Bourgeois ne fasse une bien trop jeune veuve.
Monsieur Bourgeois s'évanouit à plusieurs reprises, ponctuant ses réveils de grands cris et protestations à l'encontre de la gent diptère, brachycère et autres Musca domestica!
S'ensuivit une diatribe sur la sécurité de l'arrondissement, sur le laxisme des services d'hygiène et ces rumeurs d'immigrations qui enflaient...
“Il faudra opérer sans tarder” trancha le spécialiste sur un ton grave à la hauteur de sa notoriété avant de raccrocher le bigophone pour affaire plus urgente.

Monsieur Bourgeois se voyait borgne si l'on peut s'autoriser cette tournure morbide.
C'était sans compter sur Fanny à qui une grand-tante mi-rebouteuse mi-sorcière mi-grand-tante avait légué quelques secrets et la soubrette déclara qu'elle se faisait fort d'extirper l'asticot séance tenante, sans diplômes ni salamalecs et sans douleur.
Il est curieux de constater que dans la détresse et l'adversité, une préposée aux poussières qu'elle soit de gauche ou de droite peut prendre une grande importance aux yeux de ses maîtres.
On se pressa en cuisine où des aromates furent étalés sur la table ainsi que Monsieur.
Ayant appliqué une feuille de basilic sur le globe oculaire gauche de l'agonisant, Fanny constata que la bestiole avait sorti la tête en vue d'une migration stratégique.
Frotter entre elles des feuilles de basilic jusqu'à en dégager une puissante odeur suffit alors à incommoder l'intrus qui rendit grâce sous le regard rasséréné des Bourgeois.

Bien vite Monsieur Bourgeois – libéré de cette peccadille – retrouva sa superbe et son regard hautain :”Retournez à vos tâches, Fanny... Voici neuf heures et cette mésaventure m'a ouvert l'appétit”.
L'oeil encore larmoyant il ne vit pas le ver sournois qui s'installait dans le fruit , il ne vit pas madame s'engouffrer dans la chambre d'amis dans le sillage enivrant du basilic et de son amante emplumée...