samedi 20 octobre 2018

Brèves du 20-10-2018


(Plus longues... c'est chiant)




Une lune artificielle pour remplacer les éclairages en Chine
Kim Kardashian en a déjà une mais elle ne vole pas haut



Californie : Une lycéenne fait manger les cendres de son grand-père à ses camarades
Si tu aimes ton pépé, reprends-en



Lu sur Huffpost : Demi-part des veuves : Le gouvernement se voit contraint de mâcher du lest
Que prévoit-on pour les « Sans dents » ?

mardi 16 octobre 2018

Brèves du 16-10-2018


(Plus longues... c'est chiant)




Le maire du Mont St Michel ne veut plus payer l'eau pour laver les pieds des pèlerins qui traversent la baie à pied
Des pèlerins qui s'en lavent les mains



Ille-et-Vilaine : Un boulanger met en fuite son agresseur à coups de pelle à pain
Y'a pas mieux pour les bâtards



Changement climatique : Donald Trump : « ça rechangera dans l'autre sens »
Oui ça se réchauffera moins vite que si ça refroidira plus vite

lundi 15 octobre 2018

Rue Corneille

Publié aux Impromptus Littéraires sur le thème : Une jolie rue

Dix ans c'est l'âge où en classe on n'a pas encore le citron farci par toutes ces choses ennuyeuses assénées à coups de règle sur les doigts et de colles du samedi.

En ce temps là Corneille n'est pour moi qu'une rue, un formidable terrain de jeu que je sillonne à vélo et jusqu'au soir tant que durent ces merveilleuses vacances passées chaque année chez pépémémé comme on dit.
Rue Corneille c'est à Dijon la ligne droite de départ de mes courses cyclistes où, poursuivi par un invisible peloton je suce la roue des Stablinsky, Anquetil, Janssens et Nencini.
Je ne suis pas ce potache studieux qui récite par coeur le cidre... "Horace Ô désespoir" ou qui déclame La mort de Pompée, non moi c'est surtout Bibi Fricotin, les Pieds Nickelés et mon vélo !
A ma manière j'enchaîne les classiques à grands coups de pédale, remontant le boulevard Pascal pour redescendre rue de Chateaubriand puis rue La Fontaine jusqu'au square Giraud où un grinçant changement de braquet me ramène tout droit chez pépémémé...
Pour le contre-la-montre j'ai un secret, attendre midi pour profiter du calme des rues Racine et Marivaux qui communiquent par l'avenue Aristide Briand.
Toute la difficulté consiste à rentrer à la maison avant la sacro-sainte heure du déjeuner mais j'y arrive rarement à la grande fureur du pépé.
J'évite la Grand-place Saint Exupéry que je réserve aux sorties du soir quand mémé nous mène après le dîner voir le triage des wagons depuis le haut du pont tout proche.

Dans la chaleur étouffante des cheminées de locomotives à vapeur qui nous suffoque, nous assourdit, nous brûle et nous laisse ce goût âcre de charbon dans la gorge, je songe que le plus bel endroit sur Terre est bien celui-là où tant de grands écrivains sont venus croiser leurs artères... et je me dis: Plus tard j'écrirai, si le vélo m'en laisse le temps.

samedi 13 octobre 2018

Paradise Hôtel

Publié aux Défis du Samedi sur le thème : Arnaque



Je suis arrivée un vendredi, je m'en souviens vu qu'il y avait du steak de thon créé de la veille, c'est à dire le 4ième jour.
Difficile de faire plus frais, même chez Lideule!
LUI, semblait accaparé par tous ses nouveaux gadgets, ses oiseaux, ses reptiles, tout ce bétail qui piétinait, nageait, rampait... alors je l'ai laissé jouer sans rien dire d'autant qu'IL ne m'avait pas encore calculée.
Quand je l'ai entendu déclamer :”Soyez féconds, croissez et multipliez-vous sur la terre”, j'ai senti que j'allais compter pour du beurre dans cette jungle.
Alors je me suis recrêpé le chignon et je me suis éclairci la gorge avec des “Hum” pour lui faire lever la tête.
Je ne sais pas si vous avez déjà fait lever la tête à un Tout-Puissant mais ça fait vachement bizarre la première fois... et c'était forcément notre première fois à tous les deux.
A l'époque y'avait que des premières fois.
T'es qui toi?” a t-IL dit, surpris pour la première fois.
Moi qui pensais qu'IL savait tout, je suis tombée de haut c'est à dire de la hauteur du pommier où j'étais juchée... enfin, pommier, figuier, grenadier, on n'en sait foutre rien - aujourd'hui encore personne ne sait vraiment ce qu'IL avait planté en premier comme arbre - toujours est-il que je me suis écrasée à ses pieds comme une poire blette.
Pour la seconde fois... Qui es-tu? Je ne me souviens pas avoir encore créé un bipède de ton espèce” a t-IL insisté.
Je m'appelle Eva et je suis mannequin” ai-je dit sans réfléchir - je me demandais d'où je sortais ça mais je kiffais bien - et j'ajoutai “j'vois pas d'bipède ici!”

IL s'est alors mis à vocaliser “Eva lève-toi et danse avec la vie... L´écho de ta voix est venu jusqu´à moi” avec un drôle de disque d'or au dessus de la tête.
J'aurais pu inventer des trucs, dire que je m'appelais Herzigova ou Dvorakova, que j'étais tchèque ou estonienne mais IL avait l'air de s'en foutre royalement.
IL ne devait pas avoir l'habitude qu'on lui parle comme ça... d'ailleurs IL ne devait pas avoir l'habitude qu'on lui parle du tout à part ces meuglements, ces barrissements et ces piaillements qui faisaient un bordel du diable.
Le Diable! “ s'écria t-IL “tu es le Diable, c'est ça, hein?”

Je m'étais remise sur mes jambes que je trouvais fort belles et Dieu sait de quelle manière je cambrais les reins, bref j'ai minaudé :”Eva ou le Diable, quelle importance? J'ai gagné un weekande à l'hôtel Paradis dans un concours Wonderbra et j'aimerais qu'on me montre ma suite”.
IL s'est raclé la gorge d'un air ennuyé mais son “Hum” était si céleste que tous les meuglements, les barrissements et les piaillements ont cessé, ça c'est sûr.
Alors il y a eu ce phénomène qu'IL a décidé d'appeler le silence.
Ta suite? Mais la suite justement, c'est moi qui m'en occupe” dit-IL en compulsant ses tablettes-de-la-Genèse-1.0 “je confirme que tu arrives trop tôt, tu es prévue... voyons ça... pour demain ainsi qu'un certain... Adam ou Adamo... je ne sais pas encore”.
Je n'attendais rien car je n'aimais pas attendre et en plus j'allais partager mon séjour avec cet Adam que je ne connaissais ni de moi ni de lui!
IL a ajouté :”Il y a sur ma tablette une recette de Top Chef à base d'argile, de terre glaise et d'eau qui est programmée pour vous deux, demain et pas avant... alors si tu veux bien ne pas mettre le souk dans ma Genèse en respectant le timing”.
Je ne connaissais pas ce Taï Ming, alors j'ai minaudé :”Demain j'pourrai pas, j'ai une invitation à un défilé pour Lacroix et Labannière alors j'reviendrai après demain”.

Nom de Dieu!!” se surprit-IL à crier “certainement pas, après demain c'est le jour du Seigneur, c'est MON jour et je veux qu'on me foute la paix!”
Vous entendez ça, vous autres?” ai-je dit à mes roberts, préférant m'adresser à mes seins qu'au Bon Dieu.
Je t'ai reconnu” a t-IL rugi en me désignant du doigt comme si on était plusieurs “tu es le Diable en personne!”
J'ai voulu faire de l'esprit en lui disant que le diable s'habillait en Prada alors que je n'étais qu'en costume d'Eva mais IL n'a pas compris... en tout cas ça ne l'a pas fait rire.
Je me demande s'IL n'avait pas oublié de créer l'humour, en tout cas je craignais le pire d'un Adam sorti de la glaise ou de Dieu sait quelle tambouille.
J'ai tenté une manoeuvre un peu lèche-cul :”Pour Adam, ça serait sympa de ta part qu'il s'appelle autrement, qu'il ait les yeux bleu et des muscles comme Sylvester Stallone”
D'un air suffisant IL a répondu :”N'aie crainte Eva, il sera fort, vivra très vieux et te donnera plein d'enfants... comme... Caïn, Abel, Seth, huit, dix, enfin plein de bipèdes que tu enfanteras dans la douleur et tu...”
Je n'écoutais plus. Appeler mon fils Caïn! Pourquoi pas Caha ?
Je n'espérais qu'une chose, que ses tablettes-de-la-Genèse tombent en rade mais d'un autre côté si elles avaient pu lui souffler l'idée de la péridurale, j'en aurais été rassurée.
IL a continué à vocaliser avec ce ridicule disque d'or au dessus de la tête “Regarde-moi... Ta vie est en moi... Le temps s´efface”
J'ai tourné les talons - des loups-bouquetins tous neufs, mi-canidé mi-chèvre mi-cougar - en jurant de revenir dimanche, jour du Seigneur ou pas il fallait que j'voye à quoi ressemblait celui qui allait m'faire des moutards, bon Dieu!!

Je l'ai entendu bougonner au loin: ”J'entends des voix maintenant... c'est qui cette Juliette Piétri?”
La cacophonie des meuglements, des barrissements, des piaillements et de plein d'autres trucs en ment avait repris.
C'était vraiment une belle arnaque leur hôtel Paradis!


vendredi 12 octobre 2018

Brèves du 12-10-2018


(Plus longues... c'est chiant)




Au CHU de Bordeaux, il jouait au docteur avec une blouse et un stéthoscope
Pas Good doctor !



Le lac d'Annecy perd 70 cm et atteint son niveau le plus bas depuis 70 ans
1 cm tous les ans, c'est ce que je perds aussi



Bottes aux pieds et râteau, Nadal donne de sa personne pour aider les sinistrés à Majorque
Facile ! Tous les jours il botte en touche et ratisse large


mercredi 10 octobre 2018

Brèves du 10-10-2018


(Plus longues... c'est chiant)



Réchauffement climatique : Les moustiques pourraient nous piquer jusqu'à Noël
Noël au balcon, Pâques au Baygon



Lituanie : Téléphoner en traversant la rue sera sanctionnée de 40€
Pas si cher que ça pour trouver du boulot



Paris : Un homme se noie après avoir tenté de voler un téléphone portable
A l'eau ?




mardi 9 octobre 2018

Monsieur De Centpourcent

Publié aux Impromptus Littéraires sur les titres des chansons d'Aznavour

« Il est bizarre, celui qui vient d'arriver » dit saint Pierre au Tout Puissant, et il ajouta : « Il dit qu'il vient voir la mamma »
« La mamma ? C'est qu'on en a un paquet de mammas depuis ... le temps»
« Oui mais celle-là aurait un fils maudit, un certain Giorgio »
« Et à part bizarre, il est comment le nouveau ? C'est un jeunot ? » s'enquit le Tout Puissant.
« Il prétend qu'hier encore il avait vingt ans, qu'il caressait le temps et jouait de la vie ... et il parle de ses amis, ses amours, ses emmerdes»
« Et pourtant » conclut le Tout Puissant.
« C'est ça » exulta saint Pierre « il a dit Et pourtant ... je marcherai vers d'autres cieux d'autres pays»
« D'autres cieux » conclut le Tout Puissant « c'était un visionnaire ce type»
« Et ça sur le registre – Shahnourh Varinag Aznavourian – c'est son blaze » ajouta fièrement saint Pierre qui en avait inscrits bien d'autres à l'accueil.
« Encore un migrant ? » demanda le Tout Puissant qui s'inquiétait des quotas depuis quelques mois « Tu t'laisses aller, saint Pierre... Tu t'laisses aller »
« C'est ça » exulta saint Pierre « il a dit Tu t'laisses aller ! » et il ajouta, envoûté « Comment faites-vous pour tout deviner, Tout Puissant ? »Sur le ton de la confidence, le Tout Puissant avoua : « Ne le répète pas mais je joue tous les jours à N'oubliez pas les paroles »«En tout cas c'est pas un migrant, c'est un chanteur, un franco-arménien... 100% français et 100% arménien » précisa saint Pierre.
Le Tout Puissant laissa échapper un sifflement admiratif : «Un 200% ! On en avait pas reçu depuis... Lénine, Sarasate et Lance Armstrong ! »
Saint Pierre toussa : « Hum... Neil Armstrong, pas Lance Armstong, Tout Puissant »
« Je voulais dire Louis Armstrong » trompeta le Tout Puissant.
« Bref, qu'est-ce qu'on fait pour Aznavourian ? » s'impatienta saint Pierre
« Ca pleure beaucoup en bas ? » s'enquit le Tout Puissant qui était regardant sur les prestations de l'accueil.
Saint Pierre jeta un œil vers le bas : « Ouais, ça pleure pas mal ... comme d'habitude»
« Comme d'habitude... » fredonna le Tout Puissant « c'est de lui ça ? »
« Euh... non, ça c'est saint François » répondit saint Pierre « ou saint Claude... j'hésite toujours »
« Bon » trancha le Tout Puissant «on va mettre le nouveau avec les immigrés – les Drucker, Jonasz et compagnie – et pour retrouver sa mamma, il aura tout le temps, le temps, le temps et rien d'autre»
Saint Pierre faillit s'étrangler : « Euh ... pour Drucker et Jonasz ... il faudra patienter un peu, Tout Puissant »
«Patienter ... la patience est la clé du bien-être» récita le Tout Puissant.
Saint Pierre s'étrangla tout à fait : « C'est de Mahomet, Tout Puissant
Le Tout Puissant toussa à son tour : « Je m'y perds avec tous ces nouveaux auteurs»


Sur le pas de la porte un vieillard souriant – son étoile du Hollywood Walk of Fame sous le bras – patientait en chantonnant.

dimanche 7 octobre 2018

Mon premier secrétaire

Publié sur le site MilEtUne d'après l'illustration



S'il en est qui changent souvent de secrétaire – à l'instar du businessman de Starmania – pour moi c'était le premier et je ne voulais pas me tromper.
On confie suffisamment de secrets à celui-ci pour ne pas vouloir les partager avec le premier venu.
Les yeux brillants de passion, le vendeur passa une main experte sur l'un des nombreux tiroirs de l'objet en question.
Il avait pourtant dû en caresser des essences de bois dans sa carrière mais il y prenait un plaisir non feint...
Derrière la petite façade de bois exotique je crus percevoir des cris aigus et courts comme ceux que pousse la tortue Eretmochelys imbricata qu'on appelle communément caret et que j'imaginais plutôt dans les eaux chaudes d'un lagon que dans les sombres officines d'antiquaires.
Il me sembla même que les écailles prisonnières du bois s'animaient sous la caresse du boutiquier.

Il ouvrit ensuite un second tiroir, laissant échapper d'autres bruits incongrus, mélange de barrissements d'éléphant et de cris de morse et de rhinocéros ; il le referma en soupirant et dit pour tenter de me rassurer : »Vous verrez, vous vous habituerez avec le temps»

Le tiroir suivant incrusté d'ivoire fossile s'ouvrit tel une gueule de mammouth avec un fort accent sibérien et si je ne comprenais pas les mots, j'en devinais le message.

Plus discret, le tiroir suivant s'offrit silencieusement mais l'odeur du corozo, de l’ivoire végétal arraché au palmier à ivoire Phytelephas qui pousse dans les forêts amazoniennes ne m'échappa pas. Le vendeur résigné se pinça le nez en refermant la case odorante.

Puis ce fut le tour d'un tiroir criard et exubérant, orné d'os du casque corné d'un pauvre cacatoès indonésien que le vendeur eut toutes les peines du monde à refermer. Il transpirait abondamment – le vendeur, pas le cacatoès – voyant s'éloigner ses chances de se débarrasser de son exotique et non moins récalcitrant secrétaire.

Si les deux tiroirs suivants – plus banals que banaux – étaient ornés d'os de bœuf et de mouton, les derniers plus sauvages à l'ouverture sentaient le cervidé, la corne de cerf ou de chevreuil.
L'antiquaire les referma d'une pichenette dédaigneuse pour s'intéresser à ce qu'il me présenta comme la perle des tiroirs, un décor de nacre issu d'huîtres perlières alternant avec le troca, escargot de mer polynésien économiquement plus avantageux.

Si l'antiquaire enlacé au secrétaire jouissait en silence, je n'osais lever les yeux sur le dernier tiroir, un joyau incrusté de corail extorqué clandestinement aux mers chaudes de Chine, d'Indonésie ou de Méditerranée selon la bonne fortune de son prédateur.
Je me reculai pour apprécier ce qui allait devenir mon secrétaire pour la vie et je réalisai que c'était lui qui m'observait. Il s'en dégageait une respiration, un halètement, un concert de plaintes muselées aux accents à la fois bovin, caprin, ovin, marin, sous-marin et antédiluvien qui me donna la nausée.

Je ne sais pas ce qui m'a pris de demander : »Savez-vous s'il y a un IKEA dans le coin ? »

samedi 6 octobre 2018

Les zakouski pour les Nuls

Publié aux Défis Du Samedi en guise d'amuse-gueule




Ce sont des petits mets variés, petits mais variés, aigres et salés et parfois avariés mais toujours petits et d'origine russe ou arménienne ou polonaise ou douteuse.
Le mot zakouski vient du verbe zakousit qui veut dire « croquer quelque chose, un bout de pain ou du lard ou les deux après avoir bu quelque chose, de l’alcool, de la vodka, du vermout, de l'eau de vie et puis c'est tout» c'est pourquoi on le résume par le mot zakouski.
On dit zakouski quand il y a plusieurs zakouska car on ne met jamais un 's' à zakouskas sauf ici pour montrer ce qu'il ne faut jamais faire.
Si on demande des zakouskas on aura un amuse-gueule c'est à dire pas grand chose ; par contre on peut mettre un 's' à zakouskis sans pour autant avoir plus de zakouski sans 's' qui est déjà le pluriel de zakouska.

Plus facile à manger qu'à écrire le zakouska est servi sur canapé ou banquette ou sofa ou divan mais jamais dans la même pièce que celle du repas principal puisque ce sont des hors-d'oeuvre.
On peut aussi le présenter sur un buffet mais à hauteur d'homme et de femme.
En cas d'excès de vodka il peut être servi sur pain noir beurré.
Vieux croûtons, patates, oies blanches, cornichons aigre-doux, tout le monde peut en manger.

A venir : Les zakouphènes pour les Nuls (et les sourds)


mardi 2 octobre 2018

Brèves du 02-10-2018


(Plus longues... c'est chiant)




Fait divers : Il sauve 5 écureuils emmêlés par la queue
une partouze à la Caisse d'Epargne ?



Saint Martin : Macron tente de dédramatiser une photo qui fait polémique
Il était à deux doigts de réussir sa visite aux Antilles ; il n'en manque plus qu'un



Belgique : Assigné au tribunal pour avoir été flashé à 914 km/h
Une justice à 2 vitesses

lundi 1 octobre 2018

Les Inopinés Linéaires

Publié aux Impromptus Littéraires… les vrais !



Le rideau s'ouvre en grinçant sur un appartement cossu de Versailles.
Germaine – chignon-choucroute à la Bardot et peignoir molletonné de chez Thermolactyl – regarde côté cour vers chez Marie-Antoinette sa voisine
Moi – dit Biquet dans l'intimité – regarde côté jardin, mon côté bucolique mais en un mot.

Moi (en mon for intérieur cossu) : Faudra qu'j'arrange ce rideau

Germaine (ébaubie) : T'as vu ça, biquet ? Un prompt tue !
Biquet (jamais ébaubi) : Where ? dans la gazette ?
Germaine : Non, à Versailles... chez nous. C'est écrit : « Un prompt tue à Versailles »
Biquet (inspiré) : C'est des rapides les loubards de Versailles
Germaine : Pour sûr, ça s'est joué en un acte
Biquet : Et on sait qui est l'auteur ?
Germaine : La maréchaussée l'a identifié comme étant un certain Poclin, J.B. Poclin, un bateleur qui se fait appeler Molière.
Biquet : Tu veux dire Molière... comme la rue ?
Germaine : Tout juste mon biquet, comme la rue Molière puisque c'est là qu'il a zigouillé sa victime
Biquet (ébahi) : Tu crois pas qu'il faut être tordu pour prendre le nom du lieu où on commet son forfait ?
Germaine : Attends. Tu sais pas la meilleure, biquet. Ses complices avaient pris un nom de rue limitrophe
Biquet (goguenard) : Y a une rue Limitroff à Versailles ?
Germaine : Ouais, y en a plein
Biquet (toujours goguenard) : Y a plusieurs rues Limitroff à Versailles ? C'est futé pour brouiller les pistes
Germaine : Nonobstant, les complices se faisaient appeler Lamartine et Racine. Les trois rues donnent sur la rue Boileau où les attendait un complice du même nom.
Le petit plaisir du matin pour Germaine, c'est de placer nonobstant dans nos conversations ; elle prétend que ça fait très Versailles

Biquet (spirituel) : Je plains le type qu'aurait attendu rue du Cul du Putois
Germaine : Pouah ! Me dis pas qu'y'a une rue du Cul du Putois à Versailles !
Biquet : Oublie ça. J'voulais être spirituel
Germaine : Finalement y z'ont pincé toute la troupe... le gang des Littéraires ainsi que la femme de l'auteur, la susdénommée Béjart
Biquet (expert en balais) : Maurice Béjart ?
Germaine : Mais non gros ballot, sa femme s'appelle pas Maurice mais Armande
Biquet (de plus en plus spirituel) : Tiens ? J'aurais juré qu'un saltimbanque avait écrit Ma femme s'appelle Maurice
Germaine : Alors ça doit être une coquille, mon biquet. Y z'auraient bien besoin qu'on leur apprenne à écrire tous ces écrivaillons !
Biquet : Y mettent des coquilles dans les gazettes, maintenant ?
Germaine (pointillée) : ...
Biquet : Tu sais Germaine, j'me dis que je ne suis pas plus ridicule qu'eux en écrivant par moi-même
Germaine : C'est sûr mon biquet. J'suis fière de toi qui écris si fidèlement dans ce bulletin... comment déjà ?
Biquet (soupirant) : Les Inopinés Linéaires
Germaine : Voilà ! C'est comme t'as dit. J'me ferai jamais à ce nom tordu. Les créateurs auraient pu choisir quelque chose de plus digeste
Biquet (un brin nostalgique) : Tu sais Germaine, au siècle dernier ça s'appelait Coïtus Impromptus

Le peignoir molletonné de chez Thermolactyl se met à frissonner
Germaine (aguichée fermée) : J'aime mieux ça
Biquet (deux brins nostalgique) : C'est d'l'histoire ancienne. Faut vivre avec son temps, Germaine
Germaine : Tu t'fais appeler comment déjà ?
Biquet (soupirant) : Vegas sur sarthe
Germaine : Drôle de nom de rue
Biquet : T'as pas tort Germaine... un nom à coucher dehors