samedi 10 janvier 2026

Paulette et les loubards

 

Publié sur MilEtUne Histoires d'après l'illustration






Quand on partait de bon matin
Sur nos bécanes et nos bourrins
A fond d'manettes
Nous étions quelques gros loubards
Y'avait Fernand y'avait Nanard
Y'avait Kevin dit Pétochard
Et puis Paulette


On était tous à la ramasse
Sous nos casques on était fumasses
A fond d'manettes
Sur le circuit des vingt quatre heures
Sur nos customs et nos roadsters
On se cassait la margoulette
Derrière Paulette


Faut dire qu'elle avait l'coup d'pédale
Elle tenait le record mondial
A bicyclette
Et depuis qu'elle avait huit ans
Elle avait fait en cahotant
Paris-Marseille via Kurdistan
A bicyclette


Aujourd'hui on a tout lâché

Depuis qu'on s'est tous fait flasher

A fond d'manettes

Mais la Paulette elle court encore

faut dire qu'elle a jamais eu d'freins

sa bicyclette


samedi 21 décembre 2024

Sérénade

 

Publié sur le site MilEtUne Histoires avec 10 mots imposés



Ce matin, Germaine chante du Souchon ...


Est-ce qu'on peut ravoir à l'eau de Javel
Des sentiments
La blancheur qu'on croyait éternelle
Avant ?


Je n'aime pas quand elle chante Souchon, ça finit toujours par monter dans les tours, dans les aigües.

Je fais souvent ce rêve fou qu'elle parle en ultrasons !

Certes ça fait aboyer son caniche et ça casse quelques verres en cristal – cadeau de mariage d'oncle Hubert... au siècle dernier – mais j'ai une paix royale.

Germaine continue, la gredine …

Pour retrouver le rose initial
De ta joue devenue pâle

Le bleu de nos baisers du début
Tant d'azur perdu



Question baisers je me souviens qu'au début elle m'avait donné Huit … sur vingt, alors pensez-donc aujourd'hui je suis hors catégorie.

Pourtant à l'époque j'y mettais de la fantaisie … je lui jouais de la harpe avec ma guitare sèche (cadeau de mariage de tante Anastasia... au siècle dernier ; Germaine se pâmait du haut d'une forteresse improvisée avec deux chaises Ikea, des EKEDALEN en hêtre massif (depuis l'âge de bronze y'a pas mieux que les suédois pour les forteresses)

Entre deux grands soupirs de pâmoison, elle m'invitait dans son palais – encore du Ikea, un SKÖNABÄCK en polyester acheté à crédit en 72 mensualités – pour la ranimer.
A défaut de sels de carbonate d'ammonium je lui offrais une barre chocolatée
Poulain car on n'était pas riches à l'époque.

Sans mentir, ça la requinquait illico alors elle me … mince, elle est en train de conclure


Allez ! À la machine !!!


Pourvu qu'elle n'enchaîne pas sur Ultra moderne solitude !

Non, elle ajoute à mon intention « Tu mettras ta couette dans la machine ! Je suis pas ta bonne »











samedi 2 novembre 2024

Le roi Merlin


Publié sur le site MilEtUne Histoires d'après les 10 mots imposés



« Dites donc Mansart, qu'est-ce que c'est que ces machins là-haut qui partent en sucette ? »

« Euh... ce sont des astragales Sire, des moulures entre colonnes et chapiteaux »

« C'est un peu ringard, non ? Il faudrait me ravigoter tout ça, donner un coup de jeune en façade au lieu de tirlipoter tout à loisir votre Galerie des sucettes ! »

« Euh... des Glaces, Sire … c'est la Galerie des Glaces »

« Ouais, si ça peut vous faire plaisir. En tout cas vous me ferez mettre au frais cet assassin qui a salopé mes astragales qu'on dirait des gros boudins »

« Euh... ce sont effectivement des boudins, Sire quand d'autres disent à tort que ce sont des tores »

« J'ai parfois du mal à vous suivre, Mansart. Et d'où sort ce fabricant de boudins ? »

« C'est un de nos sous-traitants qui officie chez Leroy-Merlin. Leur slogan c'est Inventons le château de demain »

« Plait-il ? Le roi, y'en a qu'un, c'est moi ! D'ailleurs vous voudrez bien faire déposer cette citation sous mon nom de domaine RoiSoleil.org »

« Vos désirs sont des ordres, Sire »
« Quant à ce coup de jeune dont je vous parlais, je verrais bien une grande arena en plein air pour des bals-musette où Lully pourrait jouer ses niaiseries et faire guincher la Montespan et toutes ces précieuses ridicules »

« Comme il vous plaira, Sire »

« Et de grâce, exilez-moi ce soi-disant roi Merlin ! »




samedi 8 juin 2024

Le sparadrap pour les Nuls

 

Publié au Défi Du Samedi sur le thème du Sparadrap


Le sparadrap a été inventé par un dénommé Dézive et sa bande … la bande à Dézive.


Le sparadrap a été conçu pour éviter qu'on presse la compresse puisque qu'elle tient alors sans les doigts, mis à part les doigts qui tiennent au sparadrap.


Il a été conditionné en rouleau mais on peut préférer le pansement individuel prédécoupé ou à découper soi-même.

Si on se blesse en le découpant soi-même on maintient astucieusement ledit pansement avec un sparadrap prédécoupé.


A la SNCF on l'utilise pour tenir les caténaires lorsqu'on doit perfuser une ligne à grande vitesse.


Lorsque le rouleau de sparadrap est enroulé à l'envers on l'appelle pardaraps ; pourtant il vaut le même nombre de points au scrabble.

Le Canada qui ne fait rien comme tout le monde l'appelle diachylon ; il gagne au scrabble grâce à son 'y'.


De nos jours le sparadrap est hypoallergénique c'est à dire qu'il ne provoque pas d'allergie aux chevaux.


Il peut être transparent - ce qui le rend invisible - ou de couleur chair ce qui le rend invisible si votre chair est de la même couleur que lui.


On le trouve toujours dans la trousse de premiers secours à condition de retrouver la trousse de premiers secours.


Contrairement à ce que croient les enfants le sparadrap décoré de motifs animaliers est aussi douloureux à enlever que le sparadrap ordinaire mais il permet de pousser des cris de dinosaure ou d'éléphant selon le motif.


Pour décoller un sparadrap on utilise un sèche-cheveux ; on appelle ça Faire chauffer la colle.

On peut aussi utiliser l'eau chaude même si l'inventeur du sparadrap ne l'a pas inventée.

Si on n'utilise rien on appelle ça un sparadrap permanent ; on a retrouvé des sparadraps permanents ayant servi à embaumer les momies dans certaines pyramides. Ces sparadraps ont servi également à panser les sept plaies d'Egypte.


Le sujet sur Le sparadrap pour les Nuls se termine ici ; je suis au bout du rouleau.






samedi 25 mai 2024

Richard Comment ?

 Publié au Défi Du Samedi sur le thème : Quotient


A l'Agence des Talents du Samedi


« Que diriez-vous de Quotient ? Richard Quotient ça sonne bien, non ? »

« Euh... je ne suis pas très chaud »

« Vous n'êtes pas chaud ? Vous avez pourtant l'air un peu crâmé ces temps-ci »

«C'est parce que j'ai attrapé un coup d'soleil... un coup d'amour, un coup d'je t'aime, quoi »

« Faites moi confiance. Songez que c'est moi qui ai lancé Sylvie Vatan »

«Sylvie Vatan ? »

« Oui et voyez le résultat... elle est partie »

« C'est vrai... elle n'est pas là, et si je rêve tant pis »

« A votre avis c'est quoi le dénominateur commun entre Calozéro et Vanessa Pardi ? »

« Je sais pas... j'vis à l'envers, j'aime plus ma rue »

« Et bien pardi c'est moi leur dénominateur commun ; c'est moi qui les ai lancés »


« J’mets des photos dans mes chansons et des voiliers dans ma maison »

« Oui c'est bien ça mais y vous faut un nom. Richard ça suffit pas ; Richard ou Tony ça peut pas marcher »

« Pourtant Richard ou Tony il avait cartonné avec son train qui sifflait »

« Connais pas. C'est pas moi qui l'ai lancé celui-là »

« Et Richard Container et son gentil p'tit Youki ? Il a pas cartonné Richard Container ? »

« C'est l'exception qui confirme la règle. Il vous faut un vrai nom »


« En attendant j'vis à l'envers, j'aime plus ma rue... »

« Oui c'est pas mal ça et vous allez me dire aussi J'fais du bateau dans mon quartier, il fait très beau, on peut ramer »
« Waou ! Vous la connaissez ? »

« Bien sûr, c'est moi qui avais lancé ce... comment je l'avais appelé celui-là ? »

« Ben c'est moi ! »

« Ah oui ! Henri Salve d'Or »

« Mais non c'est moi ! Même que ça fait : J’avais cent ans, j’me r’connais plus ! »

« Cent ans c'est rien. Lui il chantait Nos ancêtres les gaulois... Nanana... souvenez-vous : Faut rigoler ! »

« Faut rigoler. Vous en aves de bonnes. Ça y est, c’est sûr, faut qu’j’me décide... J’vais faire le mur et j’tombe dans l’vide »

« Calmez vous. C'est pas si grave. On va dire Richard X pour commencer, et puis si jamais ça marche on avisera »


(Soupir)

« Richard Onavisera, c'est pas terrible non plus »





samedi 4 mai 2024

Tenez bon

 

Publié au Défi Du Samedi sur le thème Nounou




Très tôt je m'suis rendu compte que ça s'rait pas d'la tarte!

Même sans dents j'aurais préféré une tarte aux noyaux de cerises plutôt que ce morceau d'caoutchouc sensé épargner le téton maternel mais qui n'en avait ni le velouté, ni le goût et encore moins ce je ne sais quoi d'indéfinissable qui vous fait monter aux rideaux avant de descendre au fond d'la couche.

Si j'avais eu l'choix entre l'caoutchouc et une grosse mamelle de nourrice même moustachue j'aurais pas hésité une seconde.

De mal en pis et après des jours d'intense mastication - c'que j'appelle téter et s'entêter - j'me suis rendu à l'évidence: c'était pas comestible.

 

Si on m'avait demandé mon avis je serais né plus tard; j'aurais au moins connu le frisson du danger et cette ivresse de la tétine gazée à l'oxyde d'éthylène, cette même saloperie qui donna aux poilus d'la grande guerre ce fameux p'tit goût d'moutarde.

C'est fastoche de critiquer aujourd'hui le plastoc et le “bisphénol A” quand on n'a pas connu l'biberon en verre et découvert avec horreur que ces machins qu'on vient d'cramer en deux secondes c'étaient des doigts.

 

Tenir... il fallait tenir le biberon et tenir bon pour espérer un jour ressembler à sa frangine qu'on autorisait à s'enfourner toute seule - comme une grande - une cuillère de potage dans l'oreille.

Moi qui aspirais plus au repos que leur mélange dopé à la Blédine, je trouvais que la barre était déjà haute pour mon âge.

Pourtant les grands prenaient un plaisir sadique à la monter plus haut à chaque progrès réalisé: d'abord la tétine monotrou, puis à deux trous, puis à trois trous - façon ocarina - et le fameux rototo obligatoire, celui qui cocote, qui arrose au large mais qui soulage tellement les adultes.

 

A cinq semaines - soit un nombre incalculable de rototos - constatant qu'on me foutrait jamais la paix je décidai de faire la gueule: les grands appelaient ça un sourire et jusqu'à ce jour je ne les ai jamais contredits.

Mis à part le faux sourire et le Areu que j'avais assimilé pour leur faire plaisir je m'exprimais maintenant en Grouic de cochon et sifflements de mainate que mon entourage interprétait à sa guise; de toute manière mon avis importait peu.

A l'échelle du chiard que j'étais, cinq semaines ça faisait déjà un bail, alors quand on m'a expliqué qu'j'm'assoirais dans six mois j'ai compris qu'y s'passerait du temps et des centaines de rototos avant d'avoir le plaisir indicible de tasser ma couche avec tout c'qu'y a dedans ...

 

S'accrocher... y fallait s'accrocher si j'voulais un jour être grand comme les grands, avoir le même appareil dentaire que ma cousine Philomène, des poils roux comme Oncle Hubert et goûter au fameux boeuf-carottes de tante Marthe.

Mais s'accrocher, c'est facile à dire quand tout bouge autour de vous et qu'on vous a pas rancardé sur les règles.

Les grands appellent ça l'expérience.

Alors dans l'genre expérience j'me suis frotté au déambulateur de pépé, à mon ch'val à bascule et aux soutifs à armature de tante Marthe.

Les grands pensaient que j'souriais à chaque tentative mais moi j'sais bien que j'faisais la gueule.

 

Chez nous l'dimanche, les vieux sortaient les grands crûs et s'les descendaient sans même un regard pour celui qui biberonnait le picrate du père Guigoz.

Quand j'pense à tous les Ruchotte-Chambertin qui m'sont passés sous l'nez et que j'reverrai plus jamais, ça m'fout la glotte en capilotade.

Pour nous les chiards, le dimanche c'était la barboteuse bouffante avec les p'tits élastocs qui serrent les cuisses à vous couper l'sang... mais comme j'voudrais pas casser l'moral aux chiards qui viendront après moi, j'préfère arrêter ici les souvenirs cuisants.

 

J'leur souhaite bien du plaisir! Parait qu'maintenant les tétines sont en silicone et les seins aussi, d'ailleurs!

Alors j'ai qu'un mot à leur dire, à tous ceux qui décideraient d'poursuivre l'aventure dans ce monde implacable: “Tenébon”.

 

 


samedi 13 avril 2024

Kleptomanes

 

Publié au Défi du Samedi sur le thème Kleptomane


Dès l'âge de la maternelle

en pleine guerre des boutons

des parties de saute-mouton

je volais de mes propres ailes


Des encriers de porcelaine

aux bons points du premier de classe

sur les traces de Fantômas

je piquais tout, mes poches pleines


A trop effeuiller Marguerite

on me disait érotomane

quand je n'étais qu'un kleptomane

j'ai volé sa pipe à Magritte !


Marguerite n'en voulait pas

« Ce n'en est pas une » dit-elle

mais l'occasion était trop belle

quand je dérobai un Vespa


On a roulé jusqu'à Paname

califourchon et amazone

avant d'avoir franchi la zône

elle m'avait volé mon âme