samedi 16 février 2019

Les ouistitis

Publié au Défi Du Samedi sur le thème du sagouin




On n'était pas plus hauts que trois pommes et demi
qu'on allait voir les dames au tagada tsouin-tsouin
on faisait pour un oui pour un non le coup d'poing
détroussant les jeunottes et aussi les mamies

Les cognes nous serraient au moindre chapardage
on finissait toujours au dépôt de Saint-Ouen
l'occasion d'une douche et parfois d'un shampoing
avant de retourner vers d'autres brigandages

On s'en tirait toujours, question de baragouin
un sourire aux frangines et par ici l'artiche
au jeu du boneto on était très fortiches

On nous traitait d'affreux, salauds ou ouistitis
grimpant aux garde-fous pour quelques graffitis
en fait de chérubins on était des sagouins

mercredi 13 février 2019

Brèves du 13-02-2019


(Plus longues... c'est chiant)



Deux femmes sur trois ont déjà simulé un orgasme
Deux femmes sur trois ? Une position acrobatique



Magasin de cannabidiol au Mans : L’exploitant du commerce et l’argent de sécurité ont été placés en garde à vue.
L'argent de sécurité était liquide ?



Il voulait relier l'Ardèche et l'Inde en tracteur et se retrouve bloqué à Monaco
Dans tout projet il y a des détracteurs

mardi 12 février 2019

Pâques mystérieuse

Publié aux Impromptus Littéraires d'après une illustration des maoï de l'île de Pâques



Les ancêtres géants de pierre au regard vide
illustres déifiés nés des flancs du volcan
à force de ramper, tourner, ne sait comment
ont gagné leur combat, du moins les plus valides

Combien se sont brisés à vouloir s 'arracher
des friables carrières du Ranu Raraku
tiraillés et traînés pour les moins casse-cous
et pour les plus hardis de licols harnachés

Dans un dernier effort qui reste un grand mystère
tournant leurs dos gravés aux embruns pacifiques
les moaï rescapés du chaos volcanique
d'une mâle érection se sont plantés en terre


Privés à tout jamais d'yeux faits de corail blanc
ils ont la dignité qu'ont les statues antiques
le port impérieux, ombres énigmatiques
que des touristes émus mitraillent en tremblant

samedi 9 février 2019

Brèves du 09-02-2019


(Plus longues... c'est chiant)




Etats-Unis : Un homme tué par l'explosion de sa cigarette électronique
Fumer tue !



8 ans de prison requis contre un ex-policier qui avait tiré sur des voleurs de magrets
Ex-inspecteur Magret ?



En 2019, les frites en Belgique seront plus courtes
mais ce sont les meilleures

Germaine de Trucmuche

Publié au Défi Du Samedi sur le thème de la roture



« Dis mon biquet, est-ce qu'on est des roturiers ? »
Germaine a de la chance que je vienne tout juste de terminer mon sudoku : »Pourquoi tu me poses cette question ? »
« Parce que la pimbêche du dessus m'a traitée de bourgeoise ce matin dans l'ascenseur»
« Ah ? Si elle t'a appelée bourgeoise c'est en effet parce que tu es une roturière, mais tu peux aussi être vilaine »
« Si c'est pour me traiter de vilaine, tu peux garder tes explications pour toi ! »
« Te fâche pas bichette, les roturiers sont bourgeois ou vilains voire manants, c'est pas moi qui le dis c'est Wiki»
« C'est qui cette Vicky ? »
« Laisse tomber bichette »
« Des manants ? Pourquoi pas fripouilles ou racailles ? »
« Euh … c'est pas faux »
Germaine branle du chignon : »Si cette pimbêche m'a traitée de racaille, elle va avoir affaire à moi ! C'est pas parce qu'elle habite un étage au dessus que ...»
« Tu ne vas pas la défier en duel, bichette ? On n'est pas des nobles non plus »
« Et comment on fait pour être des nobles, Monsieur Je sais tout ? »
« Euh … un titre de noblesse ne s'achète pas sur eBay, bichette. Tout au plus une particule »
« C'est comment une particule ? »
« C'est un 'de' devant le nom, comme Germaine de Trucmuche »
« Parce qu'il faut s'appeler Trucmuche en plus ? Alors tous les nobles s'appellent Trucmuche ? C'est d'un pratique»
« Non, Trucmuche c'est un exemple, j'aurais pu dire Madame de Sévigné ou le Marquis de Sade »
« Hein ? Mais le Marquis de Sade, c'était un vilain ! »
« Ouais bichette, c'était un vilain noble »
« Ah ? Et la Sévigné c'était une noble peut-être ? »
« T'as raison bichette, elle a épousé un breton qui s'est fait appeler baron puis marquis et le tour est joué ! »
« Tu serais pas breton mon biquet par hasard ? »
« Euh … non, désolé je ne suis pas breton »
« Alors on sera des racailles toute notre vie … et nos enfants aussi ? »
« Ben oui, mais des jolies racailles ma chérie »
« Ouais, et ben demain matin dans l'ascenseur je connais une pimbêche qui va ravaler sa particule avec une bonne mandale ! »
«Parce qu'elle a une particule ta pimbêche ? »
« Elle s'appelle De Suza»
« De Suza comme Linda ? Celle de la valise en carton ? »
« Quelle valise ? La pimbêche c'est pas Linda, c'est Léonida et son sac Vuitton c'est pas du carton»
« Léonida ? C'est pas beau »
« T'as raison mon biquet, c'est même très vilain ! »







jeudi 7 février 2019

Brèves du 07-02-2019



(Plus longues... c'est chiant)




Vannes : Il commande un maillot de bain et reçoit des lingots d'or

Ainsi en a le cul cousu !


Darmanin propose d'encadrer les niches fiscales
Encadrer les niches ? Nom d'un chien


Le pape appelle à manger vegan pendant le carême
Qui c'est ce Vegan ?

lundi 4 février 2019

Le trou du cru

Publié aux Impromptus Littéraires sur le thème du fromage




Dans ma vie j'en ai connu des bonnes pâtes avec parfois en prime le sourire de la crémière – de celles qu'on voudrait jalousement garder sous cloche – j'en ai connu des moins bonnes aussi, des pressées comme des poussives, des fades comme des salées, des chaudes ou des surgelées et même des chèvres … sans oublier cette lyonnaise qui avait une cervelle de Canut !
Il faut dire que j'avais de très bons copains, des aficionados, de vrais connaisseurs qui me les servaient sur un plateau sans que j'aie à faire le moindre effort de recherche.
J'aurais pu parait-il avec beaucoup d'appétit en avoir une par jour, ce dont se vantaient les copains qui avaient plus grand œil que grand ventre et étaient déjà gueudés avant même qu'on serve la romaine.

Et puis est arrivée l'Union Européenne avec ses règlements qui les ont aseptisées et souvent rendues fades ; j'ai du parfois me contenter de quelques anorexiques qu'on nommait scientifiquement « allégées » pour faire moins peur au client.
J'en arrivais à regretter celles qui viaunaient à 50 mètres, des souillons venues de Langres ou de Munster.

Un jour où j'étais seul et triste au restaurant – un dénommé Brillat-Savarin a dit que sans bonne compagnie c'est comme une belle à qui il manque un œil – on m'a demandé si je les aimais moulées et de petite taille ; là je me suis dit que ce gars-là savait deviner mes goûts du moment.
Quand il m'a demandé si je les aimais orangées, je me suis dit qu'une bonne décoloration suffirait à gommer cette excentricité capillaire et que ça ne serait jamais pire qu'une tête de moine.
Quand il m'a demandé si je les aimais plissées et collantes, j'ai répondu que l'habit ne fait pas le moine et que je n'irais pas à l'abbaye de sitôt …

Celle qu'il avait invitée à ma table sortait d'un trou du cru, elle était native d'Epoisses et ça me convenait car un bourguignon de Gevrey-Chambertin comme moi n'est pas à 95 kilomètres près pour faire une belle rencontre!

Quand il m'a confessé qu'elle était fondante en bouche, j'ai cru que j'allais attraper le virot mais il me remit d'aplomb le cœur et l'estomac en m'apportant une belle tranche de pain d'épices légèrement toastée.
J'avoue pourtant m'être inquiété quand il me confia à voix basse qu'elle s'était lavée pendant trois semaines au marc de Bourgogne mais j'étais prêt à l'aider à se désintoxiquer.
Pour affiner sa description le gars ajouta qu'elle dégageait des arômes subtils et délicats aussi fus-je tout à fait conquis.
Je salivais déjà.
Qui aurait refusé un tel moment de convivialité ?
«Ne soyez pas trop surpris » me dit le type «c'est une patte molle ».
Rien n'aurait pu me surprendre, j'avais déjà migé une mi-mollette et c'est alors qu'elle arriva.
Oh la vache … Vindiou !
Elle était si menue que je n'aurais fait qu'une bouchée de cette friandise mais je refrénai ma gourmandise légendaire.
Elle avait cru bon de revêtir une jolie collerette de papier doré sur laquelle un amateur éclairé avait écrit « Un délice culotté » … il me tardait de la déniaper, ce que je fis délicatement tandis que le type derrière moi croyait utile d'ajouter cet ultime message « elle n'a que 25% de matière grasse ».
Je me faisais fort de vérifier ce détail par moi-même et entre la poire et le fromage – à cet instant la poire c'était moi – j'offris à la p'tiote un galopin de Chablis sorti de derrière les fagots et qui me lançait des éclairs dorés et gouleyants.
Aux tables voisines, ce n'étaient que regards en coin et chuchotements.
J'entendis même un cul-terreux dire « elle, si jeune avec ce vieux ... ».
C'en était trop.


Je demandai si je pouvais l'emporter, et c'est ce que je fis