mercredi 13 octobre 2021

Laura et le Quatorzième

 Publié sur le site MilEtUne d'après l'illustration et avec le mot imposé "aura"




1683 – Deux ouvriers discutent à l'entrée de la Grande Galerie


« T'as vu Antoine qu'y en a encore cinq de plus ? »

« Cinq miroirs ? C'est pas de trop... tu sais qu'il en faut 357 pour samedi prochain, pas un de moins sinon y aura un trou ! »

« Non ! J'te parle pas des miroirs mais des miroitiers »

« Ah ? Ça c'est moins drôle. C'est encore à cause de ces foutues vapeurs de mercure ? »

« Tout juste, c'est pas faute de leur dire de mettre un masque »

« Ouais mais si y avait pas ces complotistes pour leur dire que le masque ça sert à rien ...»

« Et quel âge y z'avaient ces cinq là ? »

« Dans les 35 balais »

« Ouais, y z'avaient quand même dépassé les 30 ans d'âge légal»

« Age légal ou pas, tu verras Antoine qu'on est encore bons pour un défilé de syndicalistes sous les fenêtres du Quatorzième »

« Et qu'est-ce qu'y foutent ceux de Murano ? On devait recevoir des travailleurs détachés expérimentés»

« Tu sais, les spaghettis, faut pas trop les secouer et puis y z'ont moyennement apprécié que Colbert leur envoie ses espions pour leur piquer la recette du miroir aux alouettes»

« Au mercure, Antoine pas aux alouettes »

« N'empêche que faire tout ce cirque pour que le Quatorzième reluque le cul des courtisanes en kaléidoscope ! Tu m'avoueras qu'y pousse le bouchon un peu loin »

« C'est pour l'aura qu'il fait tout ça, pour l'aura »

«Sa dernière conquête s'appelle Laura ? »

« Mais non, comment dire... c'est pour l'atmosphère »

«Atmosphère ? Atmosphère ? Est-ce qu'on a des gueules d'atmosphère ? »

«Crie moins fort Antoine ! Regarde, t'as décollé un miroir ! »

« Où ça, Rigobert ? »

« Ben tu vois pas, là ? Le 8ème en partant du bas dans la 17ème fenêtre ! »

« Bon sang, faut qu'on arrange ça avant la visite de H&M »

« H&M ? »

« Hardouin-Mansart »

« Ah... l'architecte en chef... je l'aime pas lui »

« Pourquoi ça ? »

« Je sais pas, je trouve que ce classicisme à la française c'est has been »

« Comment tu parles toi ? Tu ferais mieux de m'aider à monter ce pan de mur»

« Montespan ! T'es un comique toi ... »


samedi 10 juillet 2021

Cheyenne et Donald



Publié au Défi du Samedi sur le thème du Chihuahua




« On doit être le 4 juillet » se répétait ce matin-là le vieil Apache que ses parents avaient singulièrement baptisé Cheyenne «on dirait bien que les colons se préparent à célébrer le meurtre d'autrui pour le chapardage de nos terres »


En effet dans chaque community, chaque rue, chaque jardin ça empestait déjà le hamburger, la mauvaise bière et le hot-dog.
Il raccourcit machinalement la laisse de « Donald » son chien riquiqui, un chihuahua importé de l'état du même nom et que ces «yankies» n'auraient pas hésité à rôtir pour le glisser entre deux buns !
Les drapeaux flottaient à chaque fenêtre dont certains à bandes bleues en souvenir du fameux coloriage d'un président complètement déconnecté des symboles républicains.

« Je t'en foutrais du Great Again » grommela le vieil apache en tournant au coin de Park Avenue sur la 116ème rue barricadée pour la traditionnelle course de tondeuses à gazon dont le traditionnel premier prix allait être une reine de beauté … à moins que ce ne fut l'inverse.

« Foutaises » grogna t-il, l'une et l'autre seraient vibrantes, rugissantes, bien carrossées et comme chaque année le vainqueur serait comblé ou déçu.

Cheyenne détestait toutes les courses à commencer par celle à la Maison Blanche.


Comme Donald se mettait à tirer de manière inhabituelle pour un chien riquiqui, Cheyenne tenta de le calmer d'un sifflement bref mais Donald tirait toujours, le poil hérissé et la gueule écumante.
Devant eux des groupes bruyants surgis des rues adjacentes convergeaient vers Long Island où serait tiré le feu d'artifice alors qu'il n'était que 11 heures du matin !

« Pour sûr, on est bien le 4 juillet » soupira ce matin-là le vieil Apache traîné par Donald le chihuahua importé de l'état du même nom.
« Je me demande si j'ai bien fait de t'acheter ces croquettes chinoises » grommela t-il en tirant vainement sur la laisse.
La veille, une taxe douanière sur les croquettes NestorBio venait de changer la donne.

samedi 29 mai 2021

Murphy et la Bête humaine

 Publié au Défi du Samedi sur le thème du Quai




Si vous ne me croyez pas faites donc l'essai. Allumez une cigarette sur le quai d'une gare et vous verrez arriver votre train à la première taffe.

Ou bien entamez un pan bagna tomate-oeuf dur-mayonnaise et vous le verrez arriver à la première bouchée.

J'en étais là de mes réflexions inspirées de la loi de Murphy quand il est arrivé dans mon dos, crachotant et vapotant telle la Bête humaine de Flaubert.

Zola ? Si vous voulez.

En tout cas je l'attendais devant et il est arrivé par derrière, perfide, vicieux, ricanant du bon tour qu'il m'avait joué.
Il n'existe rien de plus traître sur terre qu'un quai, à part peut-être deux quais.

Ce trottoir grouillant de pékins encore endormis qui le quittent croisant les pékins fatigués de la nuit qui y descendent me donne la nausée comme disait Camus.
Sartre ? Si vous voulez.

Mais c'est à mon avis l'invention la plus tordue qu'on ait produite depuis le chemin de fer.

Heureusement qu'un quai ne possède que deux bouts car vous attendrez toujours au mauvais bout du quai la voiture qui vous nargue au bon bout du quai … c'est le bouquet !


Alors il fallait bien que ça m'arrive.

J'éteins ma clope et prenant mes jambes à mon coup, je suis le troupeau jusqu'à cet obstacle qui porte bien son nom – le tournis-quai – cette roulette russe qui tournique dans le sens opposé à toute logique.

J'en ressors essoré; par bonheur le faux plat est descendant entre le hoquet et le baquet.

J'avise un préposé au quai – OK – vêtu d'un paletot-quai couleur corail ou saumon fumé.

Le type est déjà bien chargé à cette heure matinale; sans vouloir porter de jugement il doit fonctionner au Martini-quai.

Pas le temps de lui faire un discours : »Voiture 2 siouplait ?»

La réponse du professionnel tombe comme un couperet ou une machette : « C'est tout d'oit »

J'ai une veine de cocu que le quai ne tourne pas à angle droit ou pire à angle gauche.

Dans ma course haletante je distingue le suave message de Simone – la voie ou plutôt la voix de la SNCF – dans les haut-parleurs : « Attention à la fermeture AUTOMATIQUE des portes »

Je hais le mot automatique ; il a dû être inventé en même temps que la loi de Murphy.

L'autre mot pour automatisme c'est asservissement, ça convient bien à la situation et c'est pourquoi l'esclave que je suis n'a d'autre option que stopper sa course folle à Mickey c'est à dire au milieu.


Le temps de sortir un mouchoir, la Bête a quitté son port d'attache.

Je n'avais jamais remarqué à quel point un wagon de queue peut être moche, même un wagon de queue de mi-quai.

Je m'éponge le visage puis je rallume aussitôt ma cigarette … on ne sait jamais. Je ne perds rien à essayer jusqu'à ce que le type au paletot-quai couleur saumon fumé me file au train pour me réciter l'article 8 du décret 2016-541 selon lequel les quais sont non fumeurs et que l'amende forfaitaire – la SNCF ne mégote pas – s'élève à 68 euros !

En fin négociateur, je parlemente, je me présente, on échange nos patronymes.

Le type s'appelle Murphy !

Si vous ne me croyez pas faites donc l'essai.


samedi 15 mai 2021

Nelly

 

Publié au Défi du Samedi sur le thème Oeillère


Je m'ennuyais grave dans cette boîte qui s'appelait le Quai des brumes et soudain je l'ai vue, le visage pâle, les cheveux en arrière, et j'aimais ça.

Elle était canon avec ses yeux revolver alors j'ai lâché machinalement : «T'as d'beaux yeux tu sais »

Je m'attendais à ce qu'elle réponde « Embrassez-moi » mais elle était plus Marc Lavoine que Jean Gabin, visiblement plus accro à The Voice qu'à Marcel Carné et plus tournée vers 2038 que 1938.
Alors elle m'a visé de son regard qui tue – je me suis dit que c'était foutu – et elle m'a raté.

La balle – un calibre 38 Spécial – était allée se ficher dans le cœur du gros porc endimanché qui dansait collé à moi et qui tituba pour aller s'affaler sur les banquettes de moleskine.

« Oups » m'a t-elle dit d'un air penaud, un peu larguée, un peu seule sur la Terre « j'ai jamais été douée pour ça »


Très inspiré le DJ venait d'enchaîner avec Shoot me again de Metallica – un truc indansable – alors naturellement on s'est assis à côté du gros porc anesthésié qui ressemblait à Michel Simon.

Dans cette position, le regard de la tueuse était à la hauteur du mien ; comme quoi en amour, la bonne hauteur ça n'est pas seulement quand on est à l'horizontale.

J'étais encore dans les brumes du Quai alors j'ai répété : «T'as d'beaux yeux tu sais »

« Ouais, je sais » a t elle dit naïvement.

Jusqu'alors je l'avais trouvée canon, puis maladroite, puis penaude puis naïve mais les yeux revolver ont défouraillé à nouveau et cette fois elle ne m'a pas raté car elle était myope de surcroit.

Par respect pour le grand Jacques Prévert auteur de ces répliques elle était sensée me dire « Embrassez-moi » tout comme Nelly l'avait dit à Jean (Gabin) et il l'avait fait.

Alors je l'ai fait, tellement si fort.

Elle avait fermé les yeux, désarmée et à cet instant j'ai pensé que je ne risquais plus rien, alors autant respecter le scénario jusqu'au bout.

J'ai soupiré « Nelly ! » mais au lieu de répondre Embrasse moi encore elle a dit « Moi c'est Germaine » en précisant « je suis garée sur le parking des Anges ».

L'invitation était directe, sans équivoque et je rêvais de gestes défendus … c'est comme ça.

C'est ainsi que j'ai rencontré Germaine et à quoi bon poursuivre... la suite vous la connaissez.






samedi 8 mai 2021

Sons et lumières

 

Publié au Défi Du Samedi sur le thème des nébuleuses





Tout en feuilletant son Genèse Magazine, Eve chantonnait un truc qui ferait un jour la notoriété de Julie Pietri.

« Eve lève-toi et danse avec la vie
L´écho de ta voix est venu jusqu´à moi... »

« Au fait, ce soir on va avoir droit aux nébuleuses » lança t-elle à Adam.

La mine d'Adam s'assombrit : »IL commence à me taper sur le système avec ses sons et lumières ! Alors maintenant c'est tous les soirs ? »

« Ne parle pas de LUI ainsi » répondit Eve « si ses voix sont impénétrables, IL a encore l'oreille fine »

« Ouais ben on a déjà eu les arcs en ciel, la voie lactée, les éclairs, les comètes et les étoiles filantes. C'est quoi ces nébuleuses ? » ronchonna Adam.

« C'est des poussières cosmiques, si tu veux c'est comme du gaz et ça doit être magnifique »

« Ça sert à quoi les nébuleuses ? »

« C'est là où se forment les étoiles, un peu comme un utérus cosmique géant »

« Et tu peux me dire à quoi servent les étoiles ? »

« Et ben, par exemple ça éclaire la nuit »

« Et pourquoi y faudrait éclairer la nuit ? IL est pas obligé d'envoyer le soleil se coucher»

« Tu m'énerves ! »

« T'as encore lu tout ça dans tes Genèse Magazine ? »

« Non Monsieur, j'ai trouvé ça en feuilletant les petits Robert »

« Parlons-en des petits roberts ! C'est pas ce qu'IL a fait de mieux»

« Je sais pas si tu t'adresses à Dieu ou à mes seins mais t'es bien content d'y toucher, espèce de misogyne »

Adam s'emporta : «C'est pas LUI qui a dit Aux innocents les mains pleines ? Alors je vois pas pourquoi ça serait moi le coupable »

« Peut-être que t'as de trop grandes mains »

Adam explosa : « Des grandes mains ? Par rapport à qui ? Y a que nous deux ici, nom de Dieu »

« Ne blasphème pas et ne crie pas si fort, tu vas réveiller le petit Abel »

Adam bougonna : «C'est déjà fait … tu sais bien qu'Abel ne dort toujours que d'un oeil »

« Je sais » soupira Eve « on en fera un gardien de nuit ou un berger »

Adam s'était calmé : «Si le gamin doit être gardien de nuit, autant le faire profiter du son et lumière »

« T'as raison » dit Eve « je vais le chercher. On te rejoint sur la terrasse »

Eve revint avec le rejeton et s'assit en posant sa tête contre l'épaule d'Adam.
Le nez en l'air, Adam boudait : «Et demain soir, IL a prévu quoi le vieux ? »

Eve sourit : «Demain c'est relâche, on se fait une toile, mon chéri »

« Et on joue quoi ? »

«On a le choix entre A l'Est de l'Eden et Retour vers le futur »

Adam, perplexe : «C'est bien nébuleux tout ça»

Eve : «J'te l'fais pas dire»




samedi 17 avril 2021

C'est un signe

 

Publié au Défi Du Samedi sur le thème tonitruant du Klaxon




Au feu rouge infini, ennuyeux, je klaxonne

aux petits vieux courbés, piétinant, je klaxonne

à la pouffe échassée Louboutin, je klaxonne

à l'accro au smartphone, aimanté, je klaxonne


Aux accents italiens d'un trois tons, je m'étonne

le bolide a freiné, rutilant, je bouillonne

la pouffe y est montée, déchaussée, la couillonne

je repars dégoûté, écoeuré je klax …


J'en étais là de l'écriture de mon défi hebdomadaire quand j'entendis corner dans la rue.

Je dis corner car mon grand-père disait corner puisque son père disait corner à l'époque où on portait des cornes.
A mesure que je descends l'escalier, le bruit de la corne s'intensifie et je l'évalue à une centaine de décibels, entre la tondeuse à gazon et le marteau-piqueur mais moins bruyant que les crises de Germaine qui peuvent atteindre ce que les acousticiens nomment – sans connaître Germaine – le seuil de la douleur.

Ça ne peut pas être Germaine qui pour l'heure ronfle dans la chambre à un niveau que les acousticiens nomment – sans connaître Germaine – le bruit d'une chambre à coucher.

J'ouvre la porte sur la rue, convaincu d'y trouver le fourgon du facteur ou quelque livreur excité de chez Amazon et devinez qui je trouve, piétinant sur le paillasson ?

Comment pourriez-vous deviner ?
Comment sauriez-vous qu'avant hier je me suis fait refourguer un cygne sauvage chez Animalus ?

Pour cause de grippe aviaire je suis reparti avec cette bestiole alors que je venais y chercher des poules naines.

Croyez-moi sur parole, un cygne sauvage ça klaxonne, ça trompette, parfaitement !

Demandez à mes voisins si vous ne me croyez pas.
Par contre j'ignore ce que ça bouffe, à part le rosier grimpant de Germaine et ses roses trémières …

En attendant Donald s'impatiente – on l'a appelé Donald – et quand un cygne klaxonne comme ça, c'est un signe … il veut bouffer.

Je voulais lui refiler notre vieux pain rassis mais Germaine exige qu'on lui donne cinq fruits et légumes par jour.

Ça n'a pas fini de corner entre nous deux, j'ai déjà les oreilles qui sifflent !

Où en étais-je ? Ah oui : je repars dégoûté, écoeuré je klaxonne.






samedi 27 mars 2021

Marginal

 Publié au Défi Du Samedi sur le thème de la houille.

Toute ressemblance avec un roman sur la lutte des classes est fortuite



« Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles », Chaval sentait sous ses doigts quelque chose de dur, de compact et léger à la fois … il prit la chose, se releva en armontant son patalon, repoussa Catherine qui s'accrochait à lui et s'enfuit sans un mot en direction de Montsou.

A l'estaminet de Rasseneur, il saurait trouver Souvarine, le russkov qui savait tout. Un anarchiste ça sait tout.


« Quoque ch’est cha, biloute ? » lui demanda Chaval tout excité en exhibant fièrement son caillou.

Au fond du troquet le cordéoneux qui jouait du Pierre Bachelet s'interrompit et c'était une bonne chose.

« Quoque ch’est qu’te berdoules avec ta gaillette ? » s'enquit Rasseneur accoudé au zinc.
Souvarine palpait et soupesait la pierre d'un noir mat
aux reflets bleu ardoise ; il la rendit à Chaval en marmonnant : »Reprends ta gnognotte mon gars, ça vaut que t'chi »

Chaval insista, vociférant : « Sûr que si on creuse, y'en a des tonnes là dessous, un foutu pactole ! ».

Rasseneur ricanait : «Y'a rien là-dessous, gamin. Si y'avait ça se saurait »

« Si té cros que j'te cros » aboya Chaval en serrant sa houille comme une sainte relique « j'm'en vas creuser dès demain matin ».

A cet instant la huche s'ouvrit brutalement sur la Maheude et ses mioches cramponnés à sa blouse.

«Il a encore sauté ! » cria t-elle à l'assemblée.

« Qui ça ? Le Bonnemort ?» lança Rasseneur « y'a longtemps qu'son chifflet peut pus rin faire »

« Ferme tin clapet» répondit la Maheude «ch'est Linky qu'a sauté. Cha saute tout l'temps ».

Depuis que l'arrière-petit-fils Hennebeau avait fait équiper le coron des Deux Cent Quarante en compteurs communicants, tout partait en sucette.

On ne causait plus que de ça dans le coron et aussi de tous ces moulins à vent qu'il avait alignés sur la grande route de Marchiennes jusqu'à Montsou.


« Ces éoliennes ch'est du bren » avait conclu Souvarine «mais l'a bin fait son burre le Hennebeau ».

« J'rigolerai ben l'jour où y'aura plus d'vent » osa le petit Jeanlin dans les jupes de sa mère.

L'assemblée s'esclaffa tandis que Chaval sortait précipitamment avec son caillou. Catherine l'attendait dehors : «  Quoque ch’est qu'ce truc que t'es parti sans finir ton affaire ? »

Chaval eut un rictus mauvais et – brandissant la chose – il dit simplement : »J'appellerai cha du charbon de terre ».

Inaudible, Catherine murmura : « Cha march'ra jamais ».

Chaval ajouta « Ch'est pas ton Lantier qu'aurait trouvé cha... lui qu'a jarté à Flamenville faire le soudeur à l'aut' bout d'la France ! »


Dans l'estaminet le cordéoneux avait enchaîné sur l'air d'Emmanuelle … Pendu au mur depuis trop longtemps, le portrait de Zola émit un soupir avant de se décrocher.