jeudi 5 septembre 2013

Quinzième heurt ou Endett'Mans

 
  Vingt quatre heurts du Mans
 
 

 
 
Après avoir été auditionnés par la Commission d'appel de la DNCG mercredi après-midi, les dirigeants du Mans FC attendaient la décision du gendarme financier du football français le jour-même, puis ce jeudi toute la journée.
Finalement, la Fédération française de football a annoncé que sa décision ne sera communiquée que vendredi.
Les Manceaux restent donc dans l'expectative et ne savent toujours pas s'ils évolueront cette saison en National, et s'ils peuvent de fait conserver leur statut professionnel... ou pas.
Suite au prochain épisode. Demain ?    (Le Maine Libre)


 

 
 
 
Belle avoine
 
Je m'présente, je m'appelle Henri
J'voudrais bien gagner mon pari, être aimé
Etre beau gagner de l'argent
Puis surtout être intelligent
Mais pour tout ça faudrait plus que je bosse au Mans

J'suis patron, je roule en Aston
J'aim'rais dire que ça tourne bien, tourne rond
J'veux rouler cheveux dans le vent
s'il le faut j'aurai des implants
Pour me montrer dans les soirées du maire du Mans

Et partout dans la rue
On parle que de moi
des sous que je n'ai plus
pour boucler les fins d'mois
J'ai un dossier qui tue
Mais non c'est pas foutu

Pour tous les supporters
des tribunes, du parterre
J'ai d'autres partenaires
et de bons gestionnaires
Demain en Nationa...al
Pourquoi pas en fina...ale?

Et demain dans la rue
Je veux qu'on dise fort
Que j'ai marqué un but
un but qui vaut de l'or
car chasser le sponsor
croyez-moi c'est du sport
 
 
 

mercredi 4 septembre 2013

Les cornettes de Cherbourg

 
Publié sur le site Mil Et Une
 
 
 
 


Nous sommes les soeurs chrétiennes
de l'Ave Maria, du Credo
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do
Nous chantons des antiennes
et nous soignons tous azimuths
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré ut
 
Soeur Euphrasie
Je suis celle qui vide les vases de nuit
qui change les draps et parfois jusqu'à minuit

Soeur Marie-Henriette
Moi je suis celle qui pique et repique encore
les fesses et les dos, d'accord ou pas d'accord
 
Nous sommes les tortionnaires
nous ne faisons pas de cadeau
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do
Nous serons centenaires
que vous aurez fait la culbute
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré ut
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

lundi 2 septembre 2013

Déboussolés

C'est Michèle Bernier qui dit "Une boussole c'est con: ça indique toujours le Nord alors que tout le monde préfère le Sud!"


Alors j'ai essayé le pifomètre...
reste ce sonnet
 
 
 
 
On disait sur les troncs la mousse vient au Nord
alors on a cherché au plus profond des bois
mais on n'y a trouvé sans trop savoir pourquoi
qu'un gros tas de canettes de 33 Export

On a fait demi-tour car on voulait savoir
si le sud du Sud existe bel et bien
mais on n'a rien trouvé qu'une grande baignoire
où barbotaient, bruyants des millions d'aoûtiens

Poussés par le ponant on a filé plein Est
cherchant du bout du nez les senteurs orientales
chez tous ceux qu'on dit slaves ou ceux du Boukistan

Notre quête était vaine on a trouvé que dalle
ce vendeur de boussole était un charlatan
Le sort était jeté: Alea jacta Ouest(*)
 

(*) du breton: Allez jacter à l'Ouest 

samedi 31 août 2013

La porte, bon Dieu!

Publié aux Défis Du Samedi d'après l'illustration suivante
 
 
 
 
Puisqu'il avait déjà créé la nuit au premier jour, dans la nuit du cinquième au sixième jour, le Tout Puissant créa la porte.
Mais pas n'importe quelle porte: il conçut la fameuse porte-conseil... depuis on dit souvent la nuit porte conseil même si on l'entrebâille pour y laisser passer un jour.
De quoi y perdre son latin mais les motivations du Tout Puissant sont impénétrables et c'est la porte ouverte à bien des questions.
Il faut reconnaître que vingt quatre heures à voir passer et repasser Adam par les fenêtres, c'en était trop!
“Qui d'autre à part MOI pourrait me pardonner cette erreur de Genèse?” se lamentait-il.
 
Alors il prit Adam à part - ce qui était assez facile à faire à l'époque - et lui enseigna comment l'ouvrir et surtout comment la fermer car Adam était bavard de surcroît. Sans le savoir et à mesure qu'il expliquait, le Tout Puissant venait d'imaginer simultanément le concept des portes ouvertes et du huis clos.
Les gros animaux comme le boeuf ne furent pas en reste pour qui il créa la large porte cachère ni les matous pour qui il fit la chatière.
 
Bien conscient qu'un jour Adam et Eve finiraient en espèces de vieux gonds, il créa la Grèce pour lubrifier tout ça et préserver ses tympans mais c'est une autre histoire et d'ailleurs on chambranle.
 
Alors qu'il tentait d'expliquer à Eve - parce qu'elle le vaut bien - le dormant et l'ouvrant, un nuage s'insinua par l'huis - du genre stratus nébulosus - celui qu'il avait créé quelques jours auparavant.
“Qu'es aquo?” demanda Eve qui débutait un cours d'occitan.
“N'aies crainte Eve” dit le Tout Puissant “ce n'est qu'un stratus nébulosus”.
Eve commençait à regretter de n'avoir pas choisi l'option latin et ne fut pas plus rassurée par ces nébuleuses explications.
“Vois-tu Eve” dit le Tout Puissant qui voyait tout “je t'ai donné Adam et le bonheur mais sache qu'il n'est point de bonheur sans nuage”, et elle allait le découvrir plus tard mais pour l'heure on chambranle aussi.
 
“Tiens! Un stratus nébulosus” dit fièrement Adam qui passait par hasard et aimait déjà ramener sa fraise.
“Comment sais-tu ça?” s'étonna Eve, subjuguée. Personne ne le sait mais Eve fut la toute première femme subjuguée au monde. Aujourd'hui il en faut bien plus pour subjuguer une femme mais on chambranle toujours.
“Parce que j'écoute aux portes” rétorqua Adam en éclatant d'un rire gras. L'éclatement d'un rire gras doit se faire prudemment, derrière une porte par exemple.
“C'est malin” souffla Eve en ajoutant “Allô, pero no ho Allô” initiant sans le savoir la version occitane de Nabilla. Et elle ajouta en français pour qu'on comprenne “c'est comme si j'te dis t'as la serrure mais pas la clé”.
 
C'est ainsi qu'Adam prit la porte, Eve le mors aux dents et le Tout Puissant un coup de vieux...  
 

lundi 26 août 2013

Voir le Pied-mont et mourir

Publié aux Impromptus Littéraires
 
 

 
"La région du Pied-mont est propice aux excursions pédestres tout comme l'ensemble de la botte italienne".
C'est ainsi que parlait Sarah Toustra - la guide du syndicat d'initiative - à notre petit groupe baptisé Les Mocassins, fraîchement débarqué à la gare de Turin et qui croyait bêtement trouver du jambon à Aoste.
Cette semaine de vacances supplémentaire promettait d'être riche en émotions.

Notre première émotion due à une overdose de carota grattugiata - des carottes râpées - eut raison de notre transit digestif et on peut dire qu'on en a chié pour passer le Pô.
C'est un marabout de Corda - ficelle en français - qui nous a remis en selle en nous faisant prier au pied des stalles d'une tour située Place des Miracles et qui d'après moi penchait vachement.



On avait prévu de rejoindre Florence - pas la ville - une copine basque qui s'était fourrée dans un gai pied en quittant son job de podologue à saint-jean-pied-de-port pour suivre un homo podophile; j'ai découvert plus tard qu'un podophile n'est qu'un fétichiste du pied, même en italien. On n'a pas vu Florence, alors on a vu Parme comme le chante un certain Berliscuno, le Brel local.
Voyez-vous, Parme ça ressemble beaucoup à Aoste, surtout les charcuteries.


Au loin on apercevait le sommet escarpin - la guide disait escarpé - du Mocassin; les italiens disent le Mont Cassino bien qu'on y trouve pas la moindre machine à sous. Finalement ça fait beaucoup de marche pour rien quand on prend les noms au pied de la lettre.
Alfredo a dit comme ça que ça nous faisait les pieds; ça a fait pleurer Britney qui trépignait et ne voulait plus continuer. Heureusement on a fait tourner la grole à huit becs remplie de gnôle locale qui a requinqué tout le groupe. Je ne sais pas pourquoi requinquer se dit tourista en italien, enfin bref.

Alfredo voulait voir le Monte di Pieta - le Mont de Piété - mais on l'a jamais trouvé sur la carte; on était pourtant venus pour découvrir les spécialités italiennes.

Alors on est redescendus en lacets dans la vallée en traînant la semelle; Johnny fermait la marche, fier de porter sa musette et son surnom de Dernier des Mocassins. Il faisait déjà nuit mais avec nos ampoules on devinait bien nos pieds.
Il nous restait encore à voir Naples et ses ateliers de chaussures, là où parait-il à l'ombre du Vésuve travaillent des picciotti douze heures par jour... finalement on n'a pas eu envie d'acheter et comme on s'est fait racketter nos pompes à la gare par des mafiosi, on a pu voyager les doigts de pieds en éventail jusqu'à la frontière française.

On nous a dit plus tard que c'était la camora, qui aussi bizarre que ça paraisse n'en voulait pas du tout à nos appareils photo... un sacré pied de nez à la mafia!

A Chambéry on a filé au premier magasin de pompes venu: c'était un Sport-Vingt-Mille où on n'a trouvé que des moon boots pointure quarante six, mais qu'est ce que c'est le pied, même en plein mois d'Août!  



samedi 24 août 2013

Le saperon rouze

Publié aux Défis Du Samedi d'après l'illustration ci-dessous
 
 
 

 
 
 
“Allez! Accouche!”
“Oh... Ze suis pas une massine. Laisse moi d'abord lire ce qu'y z'ont écrit sous les zimages”
“Ca sert à quoi puisque tu connais ce livre depuis... depuis quand déjà?”
“Ze sais pas... ze sais pas compter”
“Et tu sais pas lire non plus!”
“Passequ'un nounours, ça peut parler peut-être?”
“Si je ne parlais pas, il n'y aurait pas de dialogue et tu serais tout seul dans ton coin à regarder des images que tu as vues mille fois, autant de fois que ta nounou t'a lu ce bouquin avant que tu t'écroules dans ton pieu, gros naze!”

“Où z'en étais moi? Avec tes remarques ze sais plus où z'en suis”
“D'abord, tu devrais tenir le livre à l'endroit...”
“Comment ça à l'endroit?”
“T'as pas vu que le chaperon rouge a la tête en bas?”
“Le saperon rouze? Quel saperon rouze?”
“Ben là, en bas de ta page c'est bien le chaperon rouge!!”
“C'est toi le gros naze! Y a zamais eu de saperon rouze dans Pinocchio!”

“Et à côté, c'est pas la grand-mère peut-être?”
“Y a pas de grand-mère dans Pinocchio... c'est Zepetto le menuisier!”
“Tu veux dire Gepetto?”
“C'est bien ce que z'ai dit... Zepetto!”
“Gros naze, y a pas de Gepetto dans Cendrillon!”
“Tu m'énerves! C'est pas Cendrillon puisque c'est Pinocchio!”
“N'empêche que ton bouquin est à l'envers et que je me casse!”
“Et ben casse-toi... sauf que tu sais pas marcher”
“Je marche tout comme toi... sur quatre pattes, gros naze”  
 
 
 
 
 

samedi 17 août 2013

La maison close

 
 

 
 
Le vantail était rouge ainsi que la lanterne
que quelque écervelé avait laissée clairer
j'étais m'avait-on dit le seul de la caserne
à n'être pas venu m'y faire déflorer.
 
J'étais là tout confus, troublé et sans escorte
les jambes flageolant, conscient qu'au moindre geste
on allait m'humilier et me foutre à la porte
sans avoir consommé ni demandé mon reste.
 
Je me souvins qu'un jour un oncle m'avait dit:
qu'une poignée de chance vaut mieux qu'un tas d'échecs
je serrais celle-là, bravant mes interdits.
 
Au-delà j'entendais de bruyants boute-en-train
des râles étranglés, je n'étais qu'un blanc-bec
mais je poussai d'un coup les cerbères d'airain...