lundi 3 octobre 2011

Les rois de la turbule


La météo est turbulée, il y a de quoi s'inquiéter
un tout nouveau dicton est né: ''après l'automne vient l'été''
pourtant on attend des débris, on cherche dans le bel azur
les kilos de technologie que l'on prendra sur la figure.

On s'empresse de survoler l'Empire du Soleil Levant,
les yeux sur le compteur Geiger pour voir loin du plancher des vaches
qui de Hiro ou de Fuku a le plus joli des panaches
et parmi tous ces prévoyants qui fit le plus de mort-vivants.

Y-a-t-il de quoi s'inquiéter? la politique est turbulée
le petit train de sénateurs cahin-caha change de voie
sous la cinquième république on n'avait pas encore vu ça.

Rendez-nous notre bon vieux temps, celui des porteurs de valises
à l'époque où la main occulte n'était que légère méprise
et les douches des grands hôtels pas faites pour batifoler.
 
 
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samedi 1 octobre 2011

Brèves de boulange

 
 
 
"Z'avez-vu M'ame Blanchard? IL est revenu..."
"Qui ça?"
"Et ben celui qui oublie ses parapluies devant l'immeuble d'en face"
"Il doit avoir la tête ailleurs"
"Pour sûr M'ame Blanchard... la tête ailleurs, vous saurez pas mieux dire. J'suis sure qu'IL vient pour la poule du cinquième"
"Ah? Les Rougemont élèvent toujours des volailles chez eux?"
"Mais non M'ame Blanchard, j'vous cause de la grande blonde, celle qui change de bagnole tous les quat'matins"
"Je la vois bien travailler chez Bigot le concessionn..."
"Pensez-vous! Depuis ma vitrine je vois bien son petit manège et elle f'rait mieux de s'acheter une conduite. Et pis je sais plus quoi faire de tous ces pébroques! Tenez j'en ai même un qui vient de Chine"
"Ah bon? Y viennent de si loin?"
"Pour sûr, c'est écrit made in china dessus... qu'est-ce que vous en pensez M'ame Gaubert?"
"Oh! J'dirai que ça rapporterait bien cinq euros au bric à brac de Tennie..."
"Non, j'vous causais rapport au popotin d'la blonde, de sa façon d'marcher et de tout c'passage en face de MA boulangerie!"
"Vous savez, moi... pourvu qu'elle stationne pas devant ma porte de garage"

"En tout cas, un vert et jaune comme ça, j'en avais encore jamais vu"
"Faut croire qu'elle est pas raciste passe qu'un vert jaune ça inspire pas confiance"
"Y en a même un très vieux qui tient plus debout"
"Si c'est pas malheureux!"
"Moi je préfère ce grand noir avec le manche sculpté..."
"Alors vous, vous en savez des choses sur ces gens!"
"Normal M'ame Blanchard, j'les conserve dans l'arrière-boutique à mesure qu'y z'arrivent et j'les regarde quand mon mari n'est pas là"
"Euh... j'suis pas sure d'avoir tout compris"
"J'ai r'marqué qu'ça vous fait ça à chaque fois qu'vous changez les piles du sonotone M'ame Blanchard!"
"Bon alors donnez moi un bâtard comme d'habitude et je vais rentrer"
"Dîtes M'ame Blanchard, vous voulez pas faire un détour en face pour aller écouter au cinquième? et si vous entendez rien vous me le rapporterez quand même"
"Qui donc?"
"Ben le pépin M'ame Blanchard!"
"Alors je vous laisse le bâtard pour l'instant"
"Hi hi hi... oui... laissez-le, vous en trouverez p't'être un autre là-haut... Hi hi hi"
 

Des palmes peu académiques

Vous êtes médecin.
En ouvrant la porte de votre cabinet, vous découvrez que votre prochain patient est un canard savant.




"Entrez monsieur... ou madame peut-être... enfin asseyez-vous"
"C'est Monsieur et je viens justement consulter car je ne peux pas m'asseoir"
"Et bien restez debout monsieur..."
"Monsieur Canard... Saturnin Canard"
"J'ai besoin de votre Carte Vitale, monsieur Canard"
...
"Voyons ça: Saturnin Canard né à Paris dans le Marais... c'est plutôt marrant ça!"
"Vous trouvez?"
"Un Canard dans le Marais... bref... et vous barbotez résidez toujours dans le Marais?"
"Non, aujourd'hui je vis à Sarcelles"
"C'est encore plus marrant ça!"
"Vous trouvez?"


"Hum... et qu'est-ce qui vous gêne pour vous asseoir?" "Et bien docteur, depuis quelques jours j'ai le croupion en feu" "Vous avez dû passer à l'orange... c'est drôle ça!" "Ah bon?" "Non, je crois que tout vient du fait que vous avez le foie gras...  ça c'est vraiment marrant!" "Vous trouvez? De la graisse riche en acides gras polyinsaturés qu'on qualifie de bon cholestérol... et un super taux de vitamines B, ainsi qu'une quantité de protéines équivalente à bien d'autres espèces! Et je ne vous parle pas du FER!"

"D'où sortez-vous tout ça monsieur Canard?" "Je suis Maître de conférence au service nutrition-diabétologie du CHU de Rouen, docteur... et rédacteur à la rubrique Cancans du Journal Enchaîné" "Fichtre! Vous m'en bouchez un Coin-coin (ça c'est drôle). Et avec ce bagage vous avez besoin d'un médecin pour un croupion irrité?" "Docteur, mes compétences s'arrêtent où le côlon commence. Je suis un Maître de conférence qui a mal au cul et j'aimerais avoir votre avis si ça ne vous dérange pas" "Vous n'auriez pas un peu abusé de la canette?" "Pardon?"

"Oubliez ça, j'espérais vous dérider... et bien vous allez prendre chaque matin un morceau de sucre imbibé d'eau-de-vie ou de café"
"Que je prenne quoi?"
"Un morceau de sucre imbibé d'eau-de-vie ou de café"
"Au CHU de Rouen, nous avons une expression plus courte pour ça"
"J'ai bien un mot, mais vous n'allez pas trouver ça drôle... comme tout le reste d'ailleurs"

 
 

samedi 24 septembre 2011

Balade ou ballade... les deux font les pieds

C'est pas la première fois que je crapahute mais bien la toute première fois que je m'essaie à l'écriture d'une ballade... ça s'arrose !!!
Voici la recette du cocktail:
Deux huitains d'octosyllabes et un quatrain d'octosyllabes qu'on appelle l'envoi.
Les rimes sont disposées en ABABBCBC.
Le dernier vers de toutes les strophes est le même, c'est un refrain.
L'envoi débute par l'apostrophe au dédicataire du poème, souvent Prince.
(Ici, le Prince c'est le mec qui porte le barda, et c'est tant mieux)




 

 
 
 
Marcher dans les sentiers boueux
avoir des ampoules aux orteils
les plans à la mords-moi-le-neud
où l'on prend des coups de soleil
à chercher de maigres groseilles
des pissenlits pour la salade
et risquer le dard des abeilles
Moi j'aime plutôt la ballade.

Porter un sac ahurissant
à vous tuer le bas du dos
sur un K-way envahissant
bossu comme Quasimodo,
ça tient du stage commando
du pas léger d'un plantigrade
quand l'allure va crescendo
Moi j'aime plutôt la ballade.

Prince, va-t'en par les chemins
reviens les pieds en marmelade,
tu peux bien finir sur les mains
Moi j'aime plutôt la ballade.
 

lundi 19 septembre 2011

Mouammar mais dur à cuire

Si Leconte de Lisle dans Les Eléphants écrivait  "Le sable rouge est comme une mer sans limite", j'y vois une belle résonance avec une actualité brûlante et plus tragique...
mais c'est plus fort que moi, je ne peux m'en empêcher, je finis toujours par jouer sur les mots au risque d'en faire sourire quelques uns (et moi d'abord)
 
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Le sable rouge est comme une mer sans limite
on ne sait du pétrole ou de l'hémoglobine
lequel l'a imbibé d'une teinte sanguine
et son tyran déchu lui aussi part en fuite.

Le métier de chauffeur de taxi pour Tobrouk
tient bien plus du guerrier que d'un marchand de souk
il en a Ras Lanouf de manger des pruneaux
pour finir étalé en Une des journaux.

Il est venu le temps de changer de régime,
de planter dans l'espoir d'un meilleur millésime
et retrouver enfin la douceur du dessert.

Il ne faut pour autant pas faire n'importe quoi
Ne sois pas trop gourmand, libyen ce dernier vers:
Manger les Tripoli tache la djellaba.
 

samedi 3 septembre 2011

Goût de routine

 
  Routine.jpg


Ce matin le café avait goût de routine
en trois coups j'ai beurré les trois mêmes tartines
de mon beurre allégé d'origine protégée
pas un de ces ersatz aux slogans mensongers.

A l'horloge atomique de mon estomac
à midi trente trois j'étais à la cantine
j'ai vidé mon plateau puis dans l'anonymat
un décaféiné au parfum nicotine.

Quand soudain une voix m'a sifflé à l'oreille:
''Il faut secouer la vie, autrement elle nous ronge'' (*)
fait de nous des zombies ou d'énormes éponges.

J'ai donc fait ce serment qui vaut un postulat
c'est juré dès demain rien ne sera pareil
je renonce au café, ce sera chocolat.
 
 
(*) Stendhal Henri Beyle

Another brick

 
 



Mille neuf cent soixante dix huit.

A peine surpris, David-Gilles Mur ramassa le paquet rose.
Ce matin comme chaque matin depuis qu'il travaillait sur l'opéra, une nouvelle brique lui arrivait, rose elle aussi... Another brick in the wall.
Au loin un ré mineur tapait comme un sourd mais les fondations étaient solides et inébranlables... Another brick in the wall.
Malgré le mur toujours plus haut un choeur de cour de récré montait en révolte... Another brick in the wall.
Ce troisième volet claquait inlassablement en quatre temps mais David-Gilles Mur ne l'entendait pas, tout comme il ne voyait pas ce vol de flamants dans le ciel, d'ailleurs les flamants n'existent pas.
Demain serait peut-être le dernier jour de la dernière brique rose, celle qui le protégerait enfin d'un monde si cruel... Goodbye.
 
 
... ou quand les Défis Du Samedi nous mettent au pied du mur