mardi 4 février 2014

Aujourd'hui ça me regarde

Les 366 réels à prise rapide correspondent à un exercice d’écriture de Raymond Queneau tiré des Exercices de Style. Il s’agit d’écrire chaque jour un texte sur un thème proposé sous la forme “Aujourd’hui [quelque chose]“.
Les règles sont les suivantes : écrire sur le vif, ne pas écrire plus de 100 mots, rapporter des éléments réels de sa journée sans en inventer et sans se référer à un jour antérieur, suivre la thématique de la date correspondante.
Pas sûr que j'écrive tous les jours, je suis regardant... et de toute manière, pas sûr que vous me lisiez tous les jours!




quand s'essuyer avec cinq feuilles d'un papier toilettes très doux triple épaisseur coûte 3 centimes d'euros et nécessite de se poser la question du substantiel avantage que représenterait l'utilisation d'un tissu polyester-coton lavable en machine donc réutilisable à volonté... à condition qu'il ne soit ni irritant, ni pelucheux et résistant à des températures de lavages voisines de 90° afin de tuer toutes les bactéries... sans omettre les aspects écologiques opposant d'une part la pâte de cellulose contenue dans le papier et d'autre part la consommation en eau et électricité d'un lave-linge... bref, ça me regarde mais ça me fait chier
 
 
 

lundi 3 février 2014

Astringence

Sur le thème Autoportrait des Impromptus Littéraires
 
 
 
 
 
Tu n'as jamais vraiment su si tu sortais d'un chou ou du panier d'une cigogne, mais rose et joufflu Tu devins vite le centre de ton petit monde.
Capitaine de pédalo bien avant d'autres, tes seuls faits d'armes au bord du lac des Settons - on dit Cheutons en bon bourguignon - furent les saumons de fontaine qui daignaient s'accrocher à ta gaule et surtout ramener saine et sauve au rivage la Fernande sans qu'elle gauge sa jolie robe du dimanche.

Ton héros s'appelait Archibald Haddock, capitaine de la marine marchande belge (parfaitement, 70 kilomètres de côtes suffisent à posséder une marine!) et tu ignorais que ton Haddock baladait la Castafiore en DS19 quand tel autre prédestiné aux plus hautes distinctions tétait encore sa mère rue des Carmes à Rouen.
 
Dans les années 50 Tu tétais déjà du Gevrey - puisque né sur une Côte liquide - et en douce, un fond de Meursault les jours de la saint Vincent. C'était disait-on l'année des François.
Avant les évènements qui durèrent quand même 8 ans, Tu ne connaissais de l'Algérie que le Sidi Brahim d'un propriétaire algérois venu faire le courtier à Mâcon.
A Ton âge on s'imagine que le pouvoir appartient aux audacieux capables de traverser la grande bleue pour faire des affaires sur Tes terres et dans Tes vignes! Tu comprenais déjà que Ton pédalo ne ferait pas le poids.
Aux déclarations d'un François M. à la TSF, Tu préférais le Quitte ou Double et les feuilletons beaucoup plus rigolos de Zappy Max, comme le savoureux “ça va bouillir” sponsorisé par la toute puissante lessive Sunil (où va donc se nicher le pouvoir).
 
A l'école Tu appris non sans peine et quelques cheveux tirés - les plus courts à la tempe, ceux qui tirent aussi des larmes - la technique du “bras croisés”qui a bien évolué de nos jours, remplacée par celle du doigt d'honneur qui permet en même temps de touiter sur son smartphone tout en se roulant un joint.
 
Mais c'est dans les années 60 que Ton destin s'est scellé: entre pouvoir et rigolade, Tu as choisi de rigoler.
Tes amoureuses se prénommaient Martine, Nathalie ou Brigitte et pas Ségolène. Tu fréquentas pourtant Léna - venue d'un lointain pays de l'Est - mais ce qu'elle T'apprit n'avait rien à voir avec la grande école du pouvoir où les cuvées d'exception se suivent, s'assemblent et se ressemblent.
Untel connut le sabre et le casoar de Saint-Cyr Coëtquidan, Toi les rangers et le casque lourd de Rastatt en Allemagne... déjà le pouvoir se distinguait par le simple déguisement.
Si sa devise fut “Ils s'instruisent pour vaincre” la Tienne fut “La quille, Bordel”.
Le pouvoir écoutait Léo Ferré et Toi Black Sabbath, il arrosait ses vacances au Chignin rouge et Toi au Passetoutgrain. Comment aurais-Tu pu rivaliser?
 
Si aujourd'hui on T'offrait inopinément le siège du pédalo et les galons du capitaine, Tu sais bien que Tu refuserais; Ton lac des Settons est devenu une mer agitée aux courants sournois où quelques rares carnassiers, sandres ou brochets y bouffent ce qui reste des petits.
Tout a changé. Tu imagines que la Fernande doit faire cent vingt kilos, qu'elle regarde les Feux de l'amour... et de toute façon Tu ne pédales plus comme avant.
 
Il Te reste de cette période comme une amertume en bouche, un goût austère, astringent, l'étrange sensation d'avoir frôlé le pouvoir à l'âge où tout parait possible quand le soleil allume le grès couleur miel d'un château parmi les treilles prometteuses d'un grand cru...  
 

Aujourd'hui question(s) idiote(s)

Les 366 réels à prise rapide correspondent à un exercice d’écriture de Raymond Queneau tiré des Exercices de Style. Il s’agit d’écrire chaque jour un texte sur un thème proposé sous la forme “Aujourd’hui [quelque chose]“.
Les règles sont les suivantes : écrire sur le vif, ne pas écrire plus de 100 mots, rapporter des éléments réels de sa journée sans en inventer et sans se référer à un jour antérieur, suivre la thématique de la date correspondante.
Pas sûr que j'écrive tous les jours... et de toute manière, pas sûr que vous me lisiez tous les jours!






Est-ce que la terre battue est rouge à force d'être battue?
 
Est-ce que tenir la dragée haute peut donner des crampes?
 
Est-ce qu'il vaut mieux être entre chien et loup qu'entre potron et minet?
 
Est-il plus fatigant de coincer la bulle que peigner une girafe?
 
A qui faut-il rendre si César n'est plus là?
 
Est-ce que deux hirondelles font plus de printemps qu'une seule?
 
Comment fait-on pour mettre des jumeaux en quarantaine?
 
Peut-on prendre la tangente en souffrant des sinus?
 
Pourquoi avoir trop de biens au soleil mène à l'ombre?
 
Peut-on mettre du piment des squelettes dans le pot au feu?
 
 

dimanche 2 février 2014

Aujourd'hui toujours par deux

Les 366 réels à prise rapide correspondent à un exercice d’écriture de Raymond Queneau tiré des Exercices de Style. Il s’agit d’écrire chaque jour un texte sur un thème proposé sous la forme “Aujourd’hui [quelque chose]“.
Les règles sont les suivantes : écrire sur le vif, ne pas écrire plus de 100 mots, rapporter des éléments réels de sa journée sans en inventer et sans se référer à un jour antérieur, suivre la thématique de la date correspondante.
Pas sûr que j'écrive tous les jours... et de toute manière, pas sûr que vous me lisiez tous les jours!



Rivoire et Carret
Castor et Pollux
Prorata et temporis
Leroy et Merlin
Alfa et Roméo
Osso et Bucco
Ringo et Sheila
Vice et versa
Roche et Bobois
Bernard et Bianca
Echec et Mat
Cesar et Salade
Amadou et Mariam
Grosso et Modo
Bonnie et Clyde
Fromage et dessert
Tenir et courir
Dupont et Davignon
Titi et Grominet
Délice et orgue
Venus et Milo
Cuiller et fourchette
Clopin et clopant
Coca et Cola
Gratis et Prodeo
Black et Berry
Dupont et Dupond
Cro et Magnon
Machu et Picchu
Urbi et orbi
Robinson et Vendredi
Bernard et Lermite
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

samedi 1 février 2014

Le Cidre

  Publié sur le site MilEtUne
 
 
 

 
 

Sous moi donc cette plage progresse,
Et s'insinue partout du cou jusques aux fesses.
Nous partîmes à trois; mais grâce au trompe-l'oeil
Nous nous vîmes trois mille en franchissant le seuil,

Tant, à nous voir ramper ainsi la bouche pleine,
Les moins congestionnés criaient “Sauvons Chimène!
J'en envoie les deux tiers, mais on n'était que trois,
Dans le coin du préau, compter nonante-trois;

Le reste, c'était moi qui scrute le couloir,
La pionne a l'air féroce, mi-panthère mi-jaguar,
Se coucher contre terre, attendre cinq minutes
La fin de la récré... tout ce sable au calbut!

Par bonheur elle s'en va, Chimène en fait de même,
Me voilà comme un con avec mon stratagème;
Ce n'est pas aujourd'hui que je l'embrasserai
Le roi du bac à sable est bien désemparé.
 
 
“Rodrigo! Sors de ton pieu! Tu vas encore être à la bourre à l'école... Et t'as révisé ton Cidre?”
 

Quèsaco?

Si les Défis Du Samedi me réclament Un conte à dormir debout, ils ne vont pas être déçus... 
 
 
 
 
 
Une fois il était une mioche qu'on appelait Cappuccetto Rosso et guère plus simplement en vieux françois la Petite Cape Rouge, alors appelons-la Blanche comme qui dirait de la neige.
Sa marâtre possédait un de ces miroirs magiques et tactiles qui parlent et qu'on appelle aujourd'hui un smartfaune.
Chaque matin le smartfaune lui donnait des nouvelles fraîches du royaume, des nouvelles fraîches de la météo et des recettes de beauté pour rester fraîche jour après jour (il y a une application pour tout ça).
Un beau matin - toujours d'après la météo - la recette proposa un masque de beauté de Cesare Frangipani à base de frangipane et de beurre en pot.
Comme son frigo Indesit n'avait plus grand chose à ventiler, la marâtre envoya Blanche se faire voir chez sa great-mother-fucker pour rapporter ingrédient ou deux.
 
 
En chemin - puisqu'il y a toujours un chemin pour aller d'un endroit à l'autre du conte - elle rencontre trois petits cochons, Three, Little et Pigs pour ne pas les nommer même si on doit les nommer par souci du détail (on détaille toujours le cochon).
Où cours-tu ainsi, petite?” grognonnent-ils comme des gorets, c'est à dire en grognonnant.
D”une voix blanche bien sûr, Blanche leur répond:”Je cours chercher ingrédient ou deux chez ma great-mother-fucker pour le ravalement de ma marâtre”.
Fais bien gaffe au loup, petite!” rétorquent les gorets en grognonnant et en rétorquant.
Blanche rosit: “Y a pas d'loup, les gorets! C'est que dans les contes...
Alors d'un seul groin les gorets insistent:”Si fait! Le loup nous a déjà cramé deux baraques et on va chez le roi Merlin chercher de quoi ignifuger notre dernière baraque!
Le roi Merlin le chanteur?” demande Blanche.
Non, pas le chanteur... celui où les envies prennent vie” répondent les porcs un peu caramélisés.
Pas la peine d'en faire un fromage, Blanche prend congé:”Porcs, salut! Je file...”
Three et Little la retiennent à nouveau:”Surtout évite de filer! Une meuf au bois dormant s'est faite planter avec une saloperie de quenouille pas plus tard qu'hier!
Et Pigs d'ajouter:”Elle en a pour cent ans à pioncer, peut-être même un siècle!
Blanche s'échappe, insouciante du danger. Même si leur nez ne s'est pas allongé, si c'était vrai, la marâtre l'aurait vu dans son miroir magique (il y a une application pour ça).
 
 
Plus loin elle croise deux frères jumeaux, Petit-Jean-comme-derrière et Gros-Jean-comme-devant.
Où allez-vous de concert?” leur demande t elle.
Quel concert? On s'en va voir pousser la forêt de haricots magiques, ma belle” répond Petit-Jean-comme-derrière.
Ne m'appelle pas ma belle, s'il te plait” réplique Blanche qui ne s'en laisse pas conter.
Et toi où cours-tu?” questionne Gros-Jean-comme-devant.
Blanche n'aime pas répéter, même pour ceux qui n'ont pas suivi le conte, alors elle invente:”Si on te le demande tu diras que je vais raser Barbe Bleue”
“Quoi? Tu vas raser Barbe Bleue avec ton chaperon rouge?” s'offusquent les frères Jean comme devant et derrière.
C'est bien connu, Blanche n'aime pas Paul et Mickey, ni polémiquer et laisse les jumeaux à leur coloriage.
 
 
Enfin - car il est tard et il va falloir aller dormir - la maisonnette de great-mother-fucker est en vue mais un drôle d'engin barre la porte.
Great-mother-fucker? Qu'y a t il devant ta lourde?” s'écrie Blanche.
Derrière la lourde lourde répond une voix chevrotante :“Tire donc cette foutue chevillette, la mobylette cherra”.
Blanche tire la petite cheville, faisant tomber la mobylette comme c'était prévu.
Et la mobylette chut sur Blanche!
Si j'aurais chu, j'aurais pas venu sans gibus” pleurniche Blanche.
Sa great-mother-fucker sort pour la consoler, on n'a pas fait mieux qu'une great-mother-fucker pour consoler dans les contes.
Regarde ce que j'ai trouvé spécialement pour toi” dit-elle à Blanche en lui tendant une paire en grandes pompes.
Quèsaco?” questionne Blanche en essorant ses larmes, car on dit essorer lorsqu'il y a très beaucoup de larmes.
Ce sont des pantoufles de verre, ma belle que j'ai eues pas cher sur le bon coin. Elles t'iront comme un gant. De toute façon c'était ça ou des bottes de sept lieues
Blanche s'étonne: “Elles sont pas pareilles... c'est normal?
C'est surement pour distinguer la droite de la gauche... la droite est en verre et l'autre est en vair, ma belle” explique la great-mother-fucker.
Qui pouvait bien porter ça, great-mother-fucker?” s'étonne Blanche.
Je les ai achetées à une petite sirène qui voulait échanger ses jambes à une sorcière contre une voix mélodieuse et une peau d'âne” répond fièrement la great-mother-fucker.
Blanche fait le tour de la pièce en clopinant:” C'est pas le tout, je viens chercher ingrédient ou deux pour la marâtre. Elle a besoin de frangipane et de beurre pour ravaler la façade”.
Si c'est pour la façade, sers-toi ma belle, fais comme chez moi” répond espièglement la great-mother-fucker.
 
 
Un vrombissement soudain se fait entendre au dehors, un bruit comme il n'en existe pas dans les contes car il obligerait le conteur à imiter le démarrage d'une vieille mob.
Qu'est ce que c'est?” s'inquiète Blanche.
Oh ce n'est rien” répond la great-mother-fucker en riant de presque toutes ses dents “c'est le loup qui part faire un tour de mob! Ca l'amuse et ça me fait des vacances... pourvu qu'il fasse le plein avant de la rapporter et qu'il dérange pas les petits cailloux blancs que j'ai semés dans le potager!
Bon, je vais y aller avec mes pantoufles great-mother-fucker... je crois que nos lecteurs ont leur compte, et moi je vais pas tarder à pioncer debout”.
“C'est comme ça de nos jours, ma belle” répond la great-mother-fucker “tout se perd! C'est pas comme au temps de Perrault ou des frères Grimm”.
C'était qui ces mecs-là, great-mother-fucker? Des potes à toi?” demande Blanche d'une voix endormie.
Oui ma belle, les seuls hommes qui aient conté dans ma vie...” soupire great-mother-fucker de presque tous ses poumons.
Bon j'me casse, great-mother-fucker” dit Blanche en l'embrassant.
C'est balot, le loup aurait pu t'emmener, ma belle” répond la great-mother-fucker.
Une autre fois, great-mother-fucker... j'ai promis aux sept nabots de passer les voir
 
Blanche prend le chemin de la chaumière des nains, un peu inquiète.
L'autre jour ils n'avaient pas bonne mine, une indigestion de sésame avec une quarantaine de voleurs... mais c'est une autre histoire.
 
 

Aujourd'hui coup...

Les 366 réels à prise rapide correspondent à un exercice d’écriture de Raymond Queneau tiré des Exercices de Style. Il s’agit d’écrire chaque jour un texte sur un thème proposé sous la forme “Aujourd’hui [quelque chose]“.
Les règles sont les suivantes : écrire sur le vif, ne pas écrire plus de 100 mots, rapporter des éléments réels de sa journée sans en inventer et sans se référer à un jour antérieur, suivre la thématique de la date correspondante.
Pas sûr que j'écrive tous les jours, pour le coup... et de toute manière, pas sûr que vous me lisiez tous les jours!






... Coup de Trafalgar
La Poste refuse d'éditer dans le Doubs un timbre représentant le sulfureux tableau "L'origine du monde" du peintre Gustave Courbet au motif que l'oeuvre pourrait heurter la sensibilité des enfants.
Dommage, c'était une bonne occasion pour la célèbre foufounette de se faire affranchir.
Bye bye pussy-cat!
De toute façon, à l'heure où le timbre est majoritairement autocollant, qui eut été tenté d'y mettre la langue au verso comme au recto?
Peut-être éditera t on un jour ce visage qu'on lui “colle”?
Ainsi La Poste aura tranché dans le vif et comme dit le proverbe : Dans le Doubs, abstiens-toi !