dimanche 16 août 2015

Viande froide

Publié sur MilEtUne d'après l'oeuvre de Stéphane Lavoué




“Allo... inspecteur La Bavure? Je ne vous dérange pas?”
“Vous savez quelle heure il est, Ouatson?”
“Euh... non chef, ma montre est givrée”
“Hein? Et bien dégivrez ou rencardez-vous, mon vieux et vous comprendrez à quel point vous me dérangez!”
“Ça va pas être possible, chef”
“Et pourquoi ça?”
“Parce que je suis enfermé, chef”
“Demandez à Ouatelse de vous ouvrir, Bon Dieu!”
“Ça va pas être possible, chef”
“Arrêtez de répéter toujours la même chose, Ouatson! Où est-elle encore fourrée celle-là?”

Ouatelse avait été recrutée deux ans auparavant, plutôt bien roulée et autant bourrée d'arguments d'embauche que dénuée de tout jugement.
“Euh... elle est enfermée avec moi, chef”
“Comment ça?”
“Et bien il y a eu comme un courant d'air et puis la porte s'est refermée sur nous, chef”
“Mais vous êtes bouclés dans quel endroit pour pas pouvoir sortir?”
“C'est un endroit bizarre, chef, un peu comme un cimetière... c'est tout noir et ça caille. La porte est fermée et malgré tout on ressent toujours ce foutu courant d'air froid qui vous glace les...”
“Passez-moi les détails. Vous seriez pas plutôt dans un frigo?”
“Euh... en tout cas ça sent la mort, chef... Hein Ouatelse que ça sent la bidoche?”

Chez les assistantes du 36 Quai des Oeufs frais, on n'a pas l'habitude de débiner les collègues, sauf pour l'avancement.
“Affirmatif, inspecteur! Comme dit Ouatson, ça sent la bidoche, moi je dirais plutôt que ça sent le chien mouillé... j'ai eu autrefois un chihuahua qui sentait comme...”
“Ça suffit! Dites donc Ouatson, vous m'appelez avec quoi? Y a un téléphone mural dans vot' frigo?”
“Non chef! J'appelle avec le portable de service”
“Dites mon vieux, le portable de service ne donne pas l'heure? Y fait pas un peu de lumière? Y permet pas d'localiser l'endroit où vous êtes et d'appeler le proprio du frigo ou n'importe qui d'autre que moi à trois plombes du mat?”
“Euh... vous me cueillez à froid, chef... et puis j'ai les doigts gelés. Juste de quoi appeler votre domicile sans vouloir vous déranger”
“C'est fait mon vieux. Et Ouatelse, elle a aussi les doigts gelés?”
“Oui, enfin non chef, plus maintenant... vu qu'elle réchauffe ses mains dans mes poches”
“Alors dites lui de récupérer ses doigts pour vous sortir de là. Moi, je retourne au pieu!!”
“Euh... Ça va pas être possible, chef”
“Comment ça? Ça va pas être possible que je retourne me pieuter?”
“J'ai pas dit ça, chef... ça ne va pas être possible à cause de ses ongles. Ouatelse a des ongles bien trop longs pour utiliser le clavier du portable de service”
“Ouais... des ongles longs et des idées courtes, je suis au courant! Démerdez-vous à vous localiser que je vous envoie une équipe, et fissa!”

On a beau être inspecteur principal au 36 Quai des Oeufs frais, cinq minutes d'attente dans une moitié de pyjama... ça vous fait monter la tension, le cholestérol et le diabète tout à la fois.
Il eut un geste circulaire sur les tableaux du salon. Il commençait à prendre racine, comme toutes ces croutes accrochées aux murs.

“Ça y est, chef! Vous ne devinerez jamais l'endroit où on est localisés, Ouatelse et moi! Ça fait froid dans le dos, chef”
“J'ai pas envie de jouer aux devinettes, Ouatson! Donnez-moi l'adresse que j'envoie la patrouille”
“Euh... f'est fez nous, fef” “Hein?”
“S'cusez... lèvres gercées, fef. L'endroit c'est chez nous”
“Quoi c'est chez nous?” “C'est à la boîte, chef... c'est indiqué 36 Quai des Oeufs frais”
 “Quoi? Vous êtes au 36? Mais y a pas de boucherie ni de frigo, attendez... à part la morgue du médico-légal!” “Ça doit être ça chef, l'odeur de bidoche... au moins les gars de la patrouille n'auront pas à aller bien loin”



Clic...

“Allo... inspecteur... inspecteur?”



samedi 15 août 2015

Nom d'une pipe

Publié aux Défis Du Samedi d'après l'illustration





Quand la lune sera pleine, toi et moi on prendra l'express de Jaipur.
Ça sera le jour qu'ils appellent Holika, ou Dulendhi - ou peut-être Dumardi, ça change tous les ans - et le train sera bondé comme d'habitude.
Non j'ai pas l'habitude, Germaine... mais dans tous les documentaires sur l'Inde, les trains sont bondés.
A quoi ça sert de réserver six mois à l'avance pour finir entassés avec des types avachis sur des sièges défoncés – ou le contraire, des types défoncés sur des siège avachis - avec une clim en panne et une putain d'odeur de diesel?
Passe-moi le shilom, Germaine.
On verra rien du paysage à cause de tous ces turbans et des mecs qui tombent du toit mais on n'est pas venus pour le paysage; on est là pour équilibrer nos chakras.
A la descente du train, tout le Rajasthan sera là - sans compter les touristes - pour cavaler vers leur “Stade de France”, le Royal Chaugan Stadium.
On se magnera le popotin entre les vaches et les Tuk-tuk mais pour avoir les meilleures places tu mettras autre chose que tes tongs!
Repasse-moi le shilom, Germaine.
Galant, je te prendrai sur mes épaules... ou plus simplement je te prendrai par la main - c'est Bollywood mais faut pas exagérer - y aura des turbans colorés à perte de vue jusqu'à la pagode de Krishna avec un drôle de petit nuage rose au dessus. Ça doit être ça le tantra, Germaine.
Dans tous les documentaires sur l'Inde, y'a des turbans colorés et des petits nuages roses.

En approchant du stade, ça sera encore plus le souk mais on entendra quand même la musique folklorique, les flûtes, les nagaras, les cymbales enfin tout le bazar comme sur le dépliant des voyagistes.
Tu voudras me faire une danse du ventre mais y'aura pas la place et puis c'est pas l'moment.
Bon sang! Refile-moi plutôt le shilom, Germaine.
Ça y est je les vois enfin, rassemblés dans le rond central dans leurs costumes de lumière, un troupeau couvert de pétales de roses, de savantes peintures roses, de draperies de soie et velours cousues de roses, de perles roses, de pendeloques roses...
Putain, ça disparait! Repasse-moi le shilom, Germaine.
Certains - ou plutôt certaines puisque c'est réservé aux femelles - ont aux pieds des chaînes de chevilles avec des clochettes comme leurs danseuses gitanes, d'autres ont des parapluies roses qui brillent au soleil - tu le vois le soleil indien, Germaine - et encore d'autres avec des défenses rosâtres.
Regarde celui-là, Germaine. Le plus grand avec un palanquin, un baldaquin, enfin un frusquin sur le dos. On dirait Hati, le colonel du Livre de la Jungle, c'est “elle” qui va gagner le concours!
Repasse-moi encore le shilom, Germaine.
Jamais vu une éléphante aussi rose!

Et maintenant tu es rose comme elle, de la tête aux pieds - comme si t'étais à poil - mais je ne te vois pas bien à cause de la fumée.
Qu'est-ce qui peut bien fumer comme ça, Germaine? T'as encore laissé une gamelle sur le feu?
Où ça une explosion? Quoi? Un orgasme?
Attends un peu Germaine, je suis en pleine méditation...


dimanche 9 août 2015

L'orgue de Barbarie pour les Nuls

Publié sur le site MilEtUne d'après l'illustration







L'orgue de Barbarie est un instrument de la famille Tuyaux-de-poêle ou automatophones, astucieux croisement d'auto (ou caisse), de tomate et de francophone.

Le croisement peut se fait aussi avec un germanophone, un hispanophone, un néerlandophone ou n'importe quel trucophone, tout dépend de la nationalité du facteur qui construit l'orgue.

Quel que soit le facteur ou la factrice, l'orgue possède une boîte à vent, une boîte arrière, des soupapes, une grenouille-tomate (Dyscophus antongilii), une manivelle (pour démarrer) et des tuyaux (ou pots d'échappement), le tout reposant sur un sommier (ou châssis) bien utile pour le joueur d'orgue fatigué.

Une fois rodées, les soupapes sont attirées par leurs sièges, comme le joueur.

Les tuyaux sont en bois de chêne ou d'érable car si c'était un peuplier on obtiendrait des tuyaux tordus.

Si le tuyau est fermé, on l'appelle bourdon mais si le tuyau est ouvert on le peindra d'une autre couleur, comme le vélo du facteur qui peut être utilisé pour transporter l'orgue de Barbarie et véhiculer la chanson populaire faite de tous petits riens et qui s'en va et qui revient.



A l'arrière, la boîte arrière contient du carton perforé plié en zig-zag.

Le pliage des cartons est un métier de précision exercé par des ouvriers japonais: les origami (de ori, “plier” et kami, “carton”). Parmi eux on trouve des origamizig et des origamizag.

A l'avant, la boîte à vent contient du vent.

Lorsqu'il n'y a plus de vent, on actionne un soufflet pour remplir la boîte à vent, mais pendant le remplissage l'orgue ne joue pas d'air; on a coutume de dire: Soufflet n'est pas jouer.

La boîte à vent est pleine de vent lorsque la grenouille-tomate atteint le dernier barreau de l'échelle de Beaufort.

Un bon joueur d'orgue de Barbarie ne manque pas d'air.

Le joueur tape d'abord le carton en zig, puis il tape le carton en zag, puis à nouveau le carton en zig jusqu'à la fin des cartons.

La fin des cartons signifie la fin du morceau même s'il reste encore du vent dans la boîte à vent.

Une rayure sur le carton en zag ou sur le carton en zig provoque un canard, le fameux canard de Barbarie, reconnaissable à son Couac caractéristique: Curandero pour un hispanophone, Quacksalber pour un germanophone, Kwakzalver pour un néerlandophone et Cauoc pour un trucophone.

Plus le carton est perforé et plus il produit de sons, sauf s'il est trop perforé au point qu'il n'y ait plus de carton; dans ce cas il n'y a plus de son.

Tout l'art de l'orgue de Barbarie consiste à produire un maximum de sons, on appelle ça faire un carton.

Les grandes orgues de Barbarie - au pluriel pour les femelles mais singulier pour les mâles, ce qui est très singulier - créées au XVIIème siècle s'appellent des limonaires.

Les limonaires fonctionnent au jus de citron, à l'eau gazeuse (ou pas) et au sucre; ils distillent des airs sirupeux comme Vivaldi, Clayderman, Jeanpasse et Desmeilleurs.

Les premiers joueurs d'orgue de Barbarie étaient vikings et rouges comme Erik le rouge ou Sonja la rouge.

La confrérie des Joueurs-d'Orgue-en-Verlan pratiquaient le retour de manivelle.

Avant qu'il ne disparaisse, l'orgue de Barbarie gagne à être connu autant que l'orque de Barbara qui n' a rien à voir même si elle évolue aussi en zig-zag.





A venir: L'histoire du cervelas, astucieux croisement de cervelle de boeuf (Zervelatwurst en allemand)et de matelas à sommier Renaissance.








samedi 8 août 2015

Soupir... aïe

Publié aux Défis Du Samedi d'après l'illustration






Un ferronnier se languissait
soupirait à ses soupiraux
dédaignant forge et brasero
que sa voisine repoussait

Fou de chagrin et de douleur
entre l'enclume et le marteau
il la grillagea aussitôt
d'esses de volutes et de cœurs

Mais la belle ainsi que l'oiseau
en pinçant pour un damoiseau
chantait si bien au pigeonnier

que le plus beau des garde-corps
n'y changeait rien et plus encore
ainsi pâtit le ferronnier




jeudi 6 août 2015

Ennedi vs Ibiza

Publié sur le site MilEtUne








Je me voyais à l'ombre des grands acacias
ou au fond d'un canyon où les chameaux blatèrent
là où l'ocre des grès dessine des cratères
mais c'était sans compter sur cette Laetitia...

Elle qui ne jurait que par son Ibiza
ses boîtes surchauffées, sa musique electro
on s'était retrouvés à l'entrée du métro
moi Gore-Tex et rangers, et elle en camisa.

Nous avons bivouaqué à Denfert-Rochereau
ça sentait le mouflon, l'urine de taureau
un paumé de la nuit jouait fortissimo

Elle m'a dit «Ziva, j'attends David Guetta»
sa jupe était vulgaire et frisait l'attentat
La vie est un désert où la femme est chameau.



dimanche 2 août 2015

Trek à l'Ennedi

 Publié sur le site MilEtUne d'après l'illustration et le mot imposé: Arpège






Décor tassilien qu'ils disaient... immensité des paysages, donjons, aiguilles et arches de pierre, dunes gigantesques: c'est moins beau que sur le dépliant mais au moins ça change du décor francilien, stations RER bondées et trains jamais à l'heure!
Si je ne sais toujours pas comment ils ont fait venir tout ce sable, j'ai appris que le dromadaire
n'est qu'un demi-chameau et qu'il blatère alors que notre guide déblatère...
Ici leur RER c'est des caravanes mais beaucoup plus longues et moins rapides que chez nous, quoique. Les conducteurs sont noirs, des Toubous qui ne parlent pas comme nous mais les dromadaires ont l'air de les comprendre, c'est déjà ça.
J'ai compris pourquoi on appelle ces bestioles les vaisseaux du désert... ça fout vraiment la gerbe au bout d'un moment.
Un des touristes dit en rigolant qu'il faut jamais manger épicé en même temps; je vois pas ce qu'il y a de drôle.
Chez les Toubous, il y a les Téda qui parlent le tédaga et les Daza qui parlent le dazaga, un peu comme les équipes de Kho Lanta mais en plus noires.
La capitale de la région de l'Ennedi s'appelle Fada. On connait la bande de Gaza au Proche-Orient mais moins connue est la bande de Fada.
Notre guide est blanche pour qu'on la repère de loin et qu'on la comprenne mieux malgré son fort accent alsacien. Elle est intarrisable sur les oueds qui eux peuvent s'assècher quand elle parle trop longtemps.
Quand elle a fini de parler c'est à dire au soleil couchant on va dormir au bi-vouac: un grand vouac pour notre groupe et un plus petit vouac pour la guide et le pisteur qui boit toutes ses paroles.
Au bi-vouac, un musicien local nous joue de la harpe à douze cordes; on appelle ça jouer de la harpège.

Le matin, notre guide a la voix claire; sûr qu'elle prend quelque chose pendant la nuit, mais pas du thé.
Nous on boit du thé, rien que du thé... vert pour les hommes et rouge pour les femmes. Ne me demandez pas pourquoi. J'ai essayé le thé des femmes, c'est pareil ! On pisse autant...
Il faut dire aussi qu'on est quatre vingt dans notre groupe, une vraie méharée humaine.
Pour nos besoins courants on s'isole derrière les dunes mais les feuilles d'acacia sont rares, alors on tire au sort... plus exactement on tire au short.

Contrairement aux nôtres qui nous font paître, les femmes d'ici font paître les troupeaux de chèvre pendant que les chameliers jouent aux dames avec des crottes de chameau. Je vous jure que c'est vrai, par contre pour faire une dame c'est comme chez nous, ils empilent deux crottes.
Leurs femmes ont des cheveux très longs qui leur permettent de s'asseoir sur des nattes, par contre les hommes qui ont les cheveux courts mangent à part et sur rien.
Les Toubou vivent aussi du commerce de dattes, les meilleures étant de décembre à mars.
Ils ne cultivent pas le latex, ce qui n'empêche pas le Tchad de s'étirer sur plus de deux mille kilomètres.

Aujourd'hui on a visité le Grand Canyon de Béchiké et ses crocodiles du désert. Moi je voyais ça ailleurs... le Grand Canyon, mais c'est bien imité quand même, tout comme leurs peintures rupestres de Mandiguili-guili façon Lascaux.
Ici le vent a sculpté des statues de grès ou de force: ils appellent ça les rosions.

Ici, on pourrait croire que c'est le désert mais c'est tout sauf le désert; il y a une circulation dingue de camions très chargés qui roulent en zigzag pour éviter les mines qui restent enfouies depuis la dernière guerre civile.
Nous on roule tout droit et en quatre-à-quatre parce qu'on doit rentrer daredare pour pas rater l'avion à l'aérodrome de Faya-Largeau.
Bon, c'est pas le tout mais je dois aller boucler mon sac et mon casque lourd.

samedi 1 août 2015

Cui-cui

Publié aux Défis Du Samedi sur le thème suggéré ci-dessous





Si pour certains la vie est un long fleuve tranquille, pour d'autres la vie est un parcours de chants d'oiseaux, un cheminement cacophonique des plus étonnants...

A peine sortis de la salle de travail des maternités ce ne sont que piaillements, pépiements et gazouillis tandis que les heureux parents rêvent déjà d'entendre babiller et glapir leur bruyante progéniture au fond des couveuses.
Déjà à la crêche, ça pirouitte et ça pleupleute à tout va, les garçons jabotent à la différence des filles qui glouglottent, les plus grands frigulotent des “J'ai soif” et fringotent des “J'ai faim” à qui mieux mieux.
Bien plus tard on quittera le nid pour aller cajoler ou même turluter dans les coins sombres, la bécasse roucoulera sur son banc ou puputera dans les teufs, ce qui ne manquera pas de faire jaser sur les campus.
Puis vient le temps plus raisonnable de la coucasse, de la trille et de la margotte; on zinzinule à l'heure de la sieste, on pépie à l'apéro et on chicane au club de bridge.
Enfin un calme relatif s'installe, ponctué de piaulements poussifs et autres tutubements asthmatiques au fur et à mesure des années.
Une oreille exercée - c'est à dire sonotonée - distinguera le ululement lugubre du tamalou à gorge rouge ou celui d'une vieille chouette enrouée.
C'est l'heure de se voler dans les plumes - enfin, de ce qu'il en reste - le temps des confusions et des radotages quand le loriot se prend à imiter le miaulement du chat, que le bruant à calotte blanche braille “Frédéric”, que la sénile paruline masquée crie “Ouistiti-Ouistiti” et que le vieux moucherolle-à-côtés-olive pousse son “Vite-trois-bières” !!
Alors tout au bout du parcours en haut de l'olivier séculaire d'un cimetière on entend l'engoulevent répéter en litanie son «Bois-pou-ou-rris, bois-pou-ou-rris» et on réalise que c'est cuit... que c'est cuit-cuit.


* Tous les cris, chants et expressions sonores sont authentiques, n'en déplaise aux oiseaux de mauvais augure.